Articles taggués ‘Science-fiction’

  • Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Date: 2011.06.10 | Catégories: Adolescent, Science-fiction | Commentaires: 2

    Je déteste quand je lis un livre que j’ai trop attendu, donc j’ai trop entendu parler (ce qui est assez contradictoire avec la tenu de ce blogue, j’en conviens). Cela met sur l’objet de papier une pression de plus pour qu’il m’impressionne. Il part avec un handicap terrible, celui de devoir combler mes attentes avant de même pouvoir commencer à m’impressionner. Imaginez comment Terrienne est parti avec une longueur de retard! On en a tellement parlé sur les blogues et autres réseaux sociaux. Mais c’est qu’il avait les reins solides ce roman, j’en suis encore chamboulée…

     

    Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Mourlevat est un auteur assez connu de l’autre côté de l’atlantique à ce que j’en déduis, mais personnellement je ne l’ai découvert qu’il y a quelques mois. Une lectrice de ce blogue me suggérait un de ses livres dans un commentaire suite à un article sur un livre marquant de ma carrière. Pour cette enseignante, c’était La balafre, du même auteur, qui l’avait marqué. Je l’ai lu et ai beaucoup apprécié. Je me demande d’ailleurs pourquoi je ne vous en avais pas parlé…Bref, il est ici question de son dernier livre: Terrienne.

    C’est l’histoire d’Anne, une jeune fille qui sort à peine de l’adolescence, et dont la sœur Gabrielle est disparue suite à son mariage avec un étrange personnage. Un an plus tard, elle entend sur les ondes de la radio cette sœur disparue qui l’appelle à l’aide en lui donnant des indications sommaires sur le moyen de la retrouver. Anne ne savait pas alors qu’elle allait devoir aller chercher sa sœur dans un monde parallèle.

    Nous suivons donc les pérégrinations de la cadette dans ce monde dangereux où les terriens appartiennent au mythe et dont seuls quelques initiés connaissent l’existence. Je ne veux pas vous révéler l’histoire ici, à vous d’aller la lire, mais je dirais que la richesse de ce récit tient à deux choses. Premièrement, cet autre monde imaginé par Mourlevat fonctionne très bien. J’entends par là qu’on y croit, qu’on a l’impression d’y vivre avec les personnages, qu’on peut en visualiser les contours lors de la lecture. De même va l’intrigue, le lien fraternel est puissant, nous irions tous jusqu’au bout de nous-mêmes pour notre frère ou notre sœur. Deuxièmement, suite à la lecture, nous sommes envahies d’une étrange vitalité, investie d’un devoir d’émerveillement envers toute parcelle de vie qui anime cette terre. C’est que comme Anne, nous avons éprouvé la crainte de ne pas retrouver ce plaisir des petites choses terriennes. Juste pour ça, le roman vaudrait le détour. Je vous le recommande sans hésitation!

     

  • L’île des Effrayants: 1. Afro le féroce frisé, Marthe Pelletier

    Date: 2011.05.16 | Catégories: Humour, La bibliothécaire aime, Roman enfant | Commentaires: 0

    Je vous le dis tout de go, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Un des premiers billets que j’ai publié sur ce blogue concernait ma découverte d’une passion pour la science-fiction, ou plus exactement pour les romans d’anticipation pour adolescents. J’ai beaucoup d’admiration pour les auteurs qui inventent des univers complexes qui se tiennent. Et bien je dirais que ce premier roman, écrit pour les jeunes du deuxième cycle primaire (plus ou moins 8-11 ans), m’a plus tout autant.

     

    L’île des Effrayants: 1. Afro le féroce frisé, Marthe Pelletier

    Nous sommes dans un monde futur où les monstres ont été domptés et mis en cage au zoo. Lorsque l’un d’entre eux meurt, le dompteur en chef organise un Grand duel astucieux entre un humain et le monstre qu’il a dessiné. Si le monstre gagne, il retourne sur l’île qui l’a vu naître, la seule où des monstres en liberté sont autorisés à vivre, et il devient un Effrayant. S’il perd, direction le zoo où il devient un Ridicule alors que l’humain vainqueur verra son rêve se réaliser.

     

    Sur l’île des Effrayants, c’est Zia la reine qui voit au bon fonctionnement de ce petit monde monstrueux ainsi qu’à la naissance des Mims (c’est ce que sont les monstres avant de passer dans le Crâne crépitant qui leur donnera leur forme de monstrueuse). Il y a longtemps, elle régnait sur les monstres du monde des humains, mais depuis que les dompteurs ont gagné, elle s’ennuie sur l’île et rêve de dominer de nouveau la planète entière.

    Nous suivons ici Afro, de sa naissance en tant que Mim à son grand duel avec Jessie. Elle devrait avoir peur de lui puisque c’est elle qui l’a dessiné avec pour consigne de créer le monstre le plus effrayant possible… mais si elle gagne, son frère qu’elle adore pourra enfin recevoir des cours d’équitation comme il en rêve. La lutte entre la courageuse fillette et le monstre vantard (c’est son grand défaut et son point faible) sera féroce.

     

    J’ai très hâte de lire la suite, Acra, la cracheuse coquette. Longue vie aux Effrayants! Il y a longtemps que je ne m’étais pas enthousiasmée à ce point pour une série de premiers romans.

  • Le passeur, Lois Lowry

    Date: 2011.03.01 | Catégories: Adolescent, Dystopie, La bibliothécaire aime, Roman | Commentaires: 1

    Je vous ai déjà parlé de mon intérêt pour les livres d’anticipation et de comment la vague m’a happée, mais, en vérité, j’avais déjà fait une petite incursion dans ce monde au début de ma carrière de bibliothécaire jeunesse à la ville de Montréal.

    Le passeur, Lois Lowry

    Je ne me rappelle plus exactement de la date, mais c’était à cette période où toutes en cœur nous « chialions » contre le tout nouveau Nelligan (catalogue des bibliothèques de la ville) et regrettions amèrement ce bon vieux Gulliver et ses fonctions (Ah, les paniers ;) ). Les bibliothécaires en arrondissement avaient donc été invitées à venir discuter des points à améliorer au central. J’étais impressionnée car je me retrouvais avec des vétérantes, responsables des bibliothèques jeunesse de la ville!

    Nous étions donc autour d’une grande table lorsque la personne qui dirigeait la réunion, afin de faire un exemple, demande un titre de livre à chercher dans le catalogue. Une de ces dames thécaires jeunesse lance : « Le passeur » de Lois Lowry. Je note donc discrètement le titre dans mon agenda et l’emprunte à mon retour en bibliothèque…

    Wow! C’est LE livre que j’ai le plus souvent recommandé cette année-là. Un coup de cœur véritable. Il est pour moi de ces livres dont l’atmosphère me revient parfois en mémoire comme un souvenir persistant. Me submerge. M’angoisse. La scène finale, cette descente avec l’enfant qui a froid tourne périodiquement en boucle dans ma tête. Cette totale dépendance. Cette totale rébellion envers l’inhumanité de l’homme…

    L’histoire? Dans un monde futur où l’homme a une pilule pour tous les bobos, il a aussi choisi de ne pas savoir.  Tout est bien organisé dans cette société. À 12 ans on se voit attribué une fonction. On ne s’aime pas, on vit en couple pour élever les enfants qu’on a reçu, car on ne les fait pas non plus. Et à un an, s’ils sont déclarés inaptes, ils sont « élargis ». Tout comme les personnes âgées arrivées à la fin de leur vie utile d’ailleurs. Mais ce qu’est l’élargissement, personne ne le sait…

    Jonas se voit confier la plus importante des fonctions : « dépositaire de la mémoire ». Une seule personne dans la communauté sait comment était le monde avant, quand l’homme aimait et voyait les couleurs. Une seule connait la vérité sur l’élargissement. Nous suivons donc cet enfant qui verra son monde se déconstruire à mesure qu’on déposera dans sa mémoire les faits et les choix qui ont mené l’homme à vivre tel qu’il le fait maintenant…

    Un livre magnifique que j’ai recommandé à des adultes comme à des ados, et suite auquel on revient presque systématiquement me demander « un autre…. ».

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