Articles taggués ‘Deuil’

  • Le garçon qui voulait courir vite, Pierre Bottero

    Date: 2013.02.26 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Réaliste, Roman | Commentaires: 2

    Le drame, quand on est parent, c’est qu’on devient précieux. On prend soin de notre petite personne non plus par égoïsme, mais parce qu’on ne voudrait tellement pas que nos enfants aient à se négocier une vie troublée par la perte d’un parent. Pourtant, ça arrive…

    Le garçon qui voulait courir vite, Pierre Botterole garcon qui voulait courir vite

    Jules a vu son père périr dans un accident, brûlé vif, prisonnier de sa voiture.  Depuis, il ne parle presque plus et est incapable de courir. Seuls sa sœur, Agathe, et un ami-géant avec qui il combat les méchants, Aziz, sont capables de comprendre ce qu’il tente de faire passer par son regard.

    Nous suivons donc la lente remontée à la surface de ces deux jeunes à travers les yeux d’Agathe. Ce n’est pas cucul, ce n’est pas larmoyant, c’est juste la vie. Ils ont tiré le mauvais numéro et se dépatouillent avec leur sort. Maman qui est si belle – mais qui a tant maigri. La maison qui coûte trop cher- il faut déménager. La vie en cité. Les amies de l’école qui ne le sont plus vraiment depuis l’accident. Les nouvelles responsabilités.

    La richesse de cette histoire se situe dans la pléiade de personnages qui supportent le récit. Ces enfants sont loin d’être seuls, tout un clan hétéroclite les entoure et les aide, à accepter l’inacceptable et à se dessiner un avenir. Il y a cet ami du père, épicier, et son fils à la stature de superhéros. Toujours là, dans la discrétion. Les deux psychologues, aussi différents l’un de l’autre que peuvent l’être l’égoïsme et le dévouement. La maman, comme un arbre solide, qui assume. Le trio de bouffons qui tentent d’intimider. L’amoureux littéraire, comme nous en voulions toutes un à l’adolescence.

    Pourquoi Jules est-il incapable de courir? Attention au dénouement, les parents ne pourront retenir une petite larme.

    *****

    Je n’avais jamais rien lu de cet auteur prolifique. Bien sûr, je connaissais Ewilan, cette trilogie fantastique qui a connu un vif succès auprès des jeunes il y a quelques années. On me l’avait vivement conseillé. Je devrais m’y mettre, d’ailleurs, au fantastique. C’est un des seuls genres qui n’a pas su m’accrocher encore. Les magiciens, les elfes, les chevaliers en armure… Je dois avoir une tendance maso à vouloir me gratter le bobo avec mes livres réalistes et dramatiques (mais tellement bon!) ou ceux qui présentent un monde futur version apocalyptique. Vous avez un titre à me conseiller?

  • Waterloo Necropolis, Mary Hooper

    Date: 2012.06.28 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Policier-Enquête, Réaliste, Roman | Commentaires: 1

    Habituellement, ce n’est vraiment pas le genre de livre qui me passionne. Les lecteurs de ce blogue le savent,  j’affectionne particulièrement les romans réalistes et actuels à saveur dramatique. Ici, on se retrouve dans le Londres de l’époque victorienne. Mais….

    Waterloo Necropolis, Mary Hooper

    Allez savoir pourquoi, j’ai dévoré ce livre? C’est probablement l’ambiance glauque, bien campée dès la première scène, alors qu’on se retrouve dans un train funéraire filant vers un cimetière campagnard (ceux de Londres étant plein en raison d’une récente épidémie de choléra), qui m’a happée. Le style littéraire d’Hooper a quelque chose de cinématographique, la description des scènes où se jouent les drames de la pauvre Grace et de sa soeur, dans un Londres où s’opposent continuellement richesse démesurée et pauvreté extrême, est très visuelle. Rarement j’ai autant « vu » un livre en le lisant.

    Et c’est là que se trouve la qualité principale du livre. L’atmosphère irrespirable dans lequel se déroule le destin de cette orpheline-enfant-mère nous encrasse et nous prend à la gorge comme le brouillard épais de Londres. On ne peut en sortir pour prendre une bouffée d’air, on veut lire l’histoire jusqu’au bout. Même si on devine les intrigues assez rapidement, même s’il y a peu de surprise, nous sommes tout de même tenus en haleine. Nous devons continuer avec elle, pour percer cette brume et faire entrer un peu de soleil dans la vie de Grace. Pour que justice soit faite. C’est presque moral comme désir, impossible de décrocher tant que les torts n’ont pas été rétablis, et l’orpheline et sa soeur, misent en sécurité.

    Je vous parle peu de l’histoire, je vous laisserai la découvrir. En résumé, nous suivons deux sœurs orphelines, dont une simple d’esprit, au destin miséreux qui tente de s’en sortir. Aux malheurs du quotidien viennent s’ajouter la perte du logement, une grossesse non désirée, la recherche d’un emploi, etc. Même si son déroulement est un peu convenu, on s’attache tant au parcours de l’héroïne, qu’on pardonne rapidement le manque de nuance qui aurait permis une intrigue plus difficile à démanteler.

    Un livre à découvrir, vraiment!

  • Oh, boy!, Marie-Aude Murail

    Date: 2012.02.20 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Réaliste, Roman | Commentaires: 1

    Je connaissais cette auteure pour avoir lu, il y a quelques années, Maïté coiffure, que j’avais adorée. J’avais entendu parler élogieusement par plusieurs personnes de Miss Charity, sans jamais réussir à lire plus que quelques pages (ce que je suis en train de faire, comme quoi il y a toujours un bon moment pour lire un livre). J’avais emprunté souvent Oh, boy!, sans même l’ouvrir. Et puis, un soir….

    Oh, boy!, Marie-Aude Murail

     J’ai adoré ce livre. Ce n’est ni une grande dystopie à la Hunger Games, ni un roman d’aventures à la Vango. Pas de grand drame social, de guerre. Juste la triste réalité de trois orphelins parisiens qui n’ont personne vers qui se tourner. Un surdoué en mode survit, une ombre silencieuse au physique qu’on préfère ne pas voir et une adorable petite poupée blonde. Il faut leur trouver un foyer, mais tout et tous tenteront de les séparer : la travailleuse sociale, la juge, l’éventuelle demi-soeur qui craque pour la petite dernière, la mort… mais justement, leur serment c’est « Les Morlevent ou la mort! » Et malgré toutes leurs épreuves, dont je ne vous dirai rien sinon qu’elles nous déchirent, ils réussissent.

    Je me relis et me dis que cette description ne rend pas justice au livre. Qu’est-ce donc qui m’a tant plus que j’ai envie de vous en parler (car pour dire vrai, je n’écris d’article que sur quoi, 10% des livres que je lis)? Pour que ce livre m’habite pendant plusieurs jours? Pour que, malgré des semaines de travail surchargées en ce moment, une bedaine qui me donne l’air d’une baleine, et trois petits monstres qui aspirent mon énergie jusqu’à la moelle, je sois demeurée réveillée une partie de la nuit pour terminer ce livre commencé après avoir couché mes aînés?

    Me revient alors en tête un article de Rhéa, paru dans Le délivré, il y a déjà quelque temps. Un article sur les héros attachants et comment, à eux seuls, ils portent certains livres et nous font tomber sous leur charme. Et c’est exactement ça. La richesse de ce livre réside dans la puissance des personnages. On y croit, on les aime. Tout d’abord, ce demi-frère, jeune, homosexuel, dandy, irresponsable, assumé. Dont l’homosexualité n’est pas le centre du livre. On ne fait pas un cas de son orientation sexuelle, c’est comme ça et c’est tout. On lui reproche plutôt son instabilité. Et cette demi-sœur, qu’on n’arrive pas à percer. Qu’on sent mystérieuse et malheureuse. Dont la vie ne semble qu’apparence. Et la juge, entre les mains de qui le sort des enfants repose, qui n’est pas un modèle de moral et de vertu, qui cache du chocolat dans ses poches et succomberait peut-être au charme du demi-frère. Elle aussi, on voit ses travers. Et le médecin traitant (car la maladie aussi tente de séparer les Morlevent), érigé en rempart entre la maladie et ses patients, dont on aperçoit tout de même les failles. Et son assistant, un brin méprisant envers le jeune homosexuel. Tous ces personnages secondaires sont d’une épaisseur, d’une richesse, que j’ai rarement rencontrée. Ils vivent avec nous et c’est pourquoi je n’ai pas réussi à les abandonner avant d’avoir tourné la dernière page.

     

    Je réalise que je ne vous ai même pas encore parlé des trois personnages principaux, ces enfants d’abord laissés à eux-mêmes, qui se retrouvent finalement plus qu’entourés. Je vais préserver le mystère de votre rencontre avec les trois orphelins Morlevent, pour ne pas vous gâcher le plaisir. Eux aussi sont pleins de travers et de défauts, et c’est pourquoi on les aime tant. Prévoyez un attachement immédiat, un désir d’adoption instantané, et une incapacité prenante à les abandonner, au moins le temps de passer au travers les 207 pages du roman.

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