Articles taggués ‘Amour’

  • Le jardin d’Amsterdam, Linda Amyot

    Date: 2014.10.23 | Catégories: Adolescent, Amour, La bibliothécaire aime | Commentaires: 0

    Ceux qui me suivent depuis le début du blogue, et ceux qui me connaissent personnellement savent comment je suis sensible aux histoires mettant en scène une relation d’amitié avec une personne âgée. C’est que j’ai eu ce grand privilège dans ma vie d’aimer d’amour ma belle grand-maman, dont les grands yeux bleus couleur du ciel se sont éteints il y a de cela déjà plus de 10 ans…

    Jardin d'AmsterdamLe jardin d’Amsterdam, Linda Amyot

    C’est l’histoire universelle du premier amour, vécu à 2 époques. Le premier amour d’Adèle, une dame aujourd’hui âgée, perçue comme une vieille fille toute sa vie, et qui raconte pour la première fois sa grande histoire d’amour, vécue au milieu du siècle dernier. Et le premier amour d’Élaine, jeune fille d’aujourd’hui.

    Leurs improbables rencontres ont lieu dans le jardin de la vieille dame où tout un univers de douceur les enveloppe le temps des confessions. Elles partagent les mêmes questionnements, les mêmes inquiétudes, les mêmes bonheurs. À la fin du récit, elles chériront toutes deux le secret d’Adèle, par delà le temps qui les sépare, comme une fine et précieuse dentelle qu’elles auraient tissée.

    Un roman tout en atmosphère, à l’ambiance feutrée, intime. C’est l’écriture à la fois juste, précise, concise et si riche de Linda Amyot qui nous séduit dès les premières lignes. Roman bref, mais lumineux, tendre et intime, avec deux personnages fort et attachant. Un roman magnifique, qui laisse son empreinte longtemps dans la tête du lecteur.

    P.S. Je vous recommande fortement la lecture de La fille d’en face, de la même auteure. On y retrouve Élaine, le personnage de la jeune fille dans Le jardin d’Amsterdam. Une tout autre facette de sa vie y est racontée, mais avec autant de sensibilité.

    P.S.2 Toute ressemblance de cet article avec le discours de la présidente du jury du Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal de cette année est possible, mais ne vous en faites pas pour d’éventuelles poursuites, je détiens totalement les droits sur ce qui est écris ici (et ce que j’ai dit ce matin!) ;0)

  • Le cri de Léa, Jean-François Sénéchal

    Date: 2013.04.08 | Catégories: Adolescent, Amour, Réaliste, Roman | Commentaires: 1

    Ce livre m’a fait réaliser à quel point j’aime les romans urbains. Les histoires où la ville elle-même devient un personnage bien plus qu’un décor. Une ville qui vie, qui souffre, déchirée et déchirante. Miroir des personnages, toujours intenses, qui sont mis en scène dans les romans pour ado.

    Le cri de Léa, Jean-François SénéchalLe cri de Léa

    La Léa du titre a le vague à l’âme. Premier chagrin d’amour qui frappe une jeune adolescente déjà ébranlée par la vie (mère inexistante, père souvent absent). Elle s’emmure en silence dans ses écouteurs et ne survit plus qu’à travers les mots des autres. Les disques sont ses antidépresseurs, qui réussissent à peine à lui tenir la tête hors de l’eau. Heureusement, il y a sa grand-mère (comme j’aime les grand-mères!), dont les bras l’enveloppe et la retienne à la vie, l’enracine comme ils peuvent dans une réalité passablement difficile.

    Il y a aussi William, jeune réfugié d’une terre tremblante où il a vu l’homme se transformer en animal, et ne s’en est toujours pas remis.

    Et finalement, il y a le « poseur de monstre ». Un itinérant-artiste qui fabrique des sculptures en métal et les « lâche » dans la ville à l’aurore.

    Un jour, leur destin se croise tragiquement, suite à quoi les monstres se mettent à crier les mots de ceux qu’on n’écoute pas. Ce qui chamboule l’ordre et les forces qui le régentent. La ville, le monde, se divise entre ceux qui veulent écouter et ceux qui veulent qu’ils se taisent. S’ensuit une quête à travers la ville, ses toits et ses ruelles, ses beaux quartiers et ses parcs malodorants, liée à l’instinct de survie des deux jeunes.

    Je ne vous en dirai pas plus, pour préserver votre droit à l’émotion, qui est très vive tout au long de cette courte histoire. Une histoire emplie d’espoir malgré tout. Avec des mots très beaux, une langue poétique. Et des thèmes effleurés dans le mystère, où tout n’est pas dit, mais plutôt suggéré. Mais je ne crois pas que le roman s’adresse nécessairement à de « vieux » ados. William a 14 ans et l’amour n’est pas l’apanage des jeunes du cégep. Chaque âge portera un regard différent sur l’histoire et ses multiples thèmes (l’abandon, la maladie, les laissez pour compte, l’amour, la désobéissance civile, les réfugiés, l’art, l’activisme social, etc). À chaque âge sa raison de vouloir crier.

    *****

    Comme je le disais en introduction: j’aime l’urbanité dans les livres. Même si elles sont divinement bien écrites, les histoires campagnardes me touchent rarement. C’est probablement pourquoi j’accroche aux dystopies, qui se passent pratiquement toujours dans un futur en manque d’espace où les hommes vivent les uns sur les autres. C’est aussi pourquoi, parmi tous les titres de Charlotte Gingras (une de mes – sinon mon – auteurs préférés), La fille de la forêt occupe une place particulière pour moi. Car même si le titre souligne l’importance de la nature dans le roman, c’est d’abord de la faune urbaine dont il est question.

  • À l’occasion de la prochaine Journée mondiale du livre et du droit d’auteur: les buveurs d’encre d’Éric Sanvoisin

    Date: 2011.04.19 | Catégories: Humour, La bibliothécaire aime, Roman enfant | Commentaires: 0

    À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur qui aura lieu le 23 avril, on parle beaucoup de la reproduction frauduleuse des œuvres littéraire, du droit d’auteur, du passage des livres au numérique… mais on ne parle pas d’un fléau bien plus grave qui guette les bibliothèques et les librairies de ce monde: l’arrivée des buveurs d’encre. Attention, ils sont parmi nous!

    Le buveur d’encre, Éris Sanvoisin

    Odilon n’aime pas les livres! Son papa a beau être libraire et en rapporter des piles et des piles à la maison, le petit garçon n’aime pas lire. Pendant les vacances, il reste cacher dans la librairie et observe les lecteurs. Un jour, un être bizarre, au teint gris et flottant au-dessus du sol, entre et boit littéralement un livre. Il en aspire tout l’encre! Odilon le poursuit frénétiquement et découvre son repère, un caveau surmonté d’un encrier dans un cimetière.  Le buveur d’encre le surprend et le mord. Il lui donne « le goût de l’encre ». Dès lors, Odilon devra boire de l’encre et comprendra que celui des bouteilles est fade et sans goût alors que celui qui a vieillit sur le papier d’un livre est délicieux. En fait, ce n’est pas l’encre que l’enfant absorbe mais l’aventure à l’état pure que recèlent les livres. Pour la première fois, il est bien content d’avoir un papa libraire!

    Une paille pour deux

    Voilà Odilon bien installé dans son nouveau quotidien de buveur d’encre, mais il s’ennuie tout seul avec sa passion. Il ne restera quand même pas tout seule toute sa vie. Mais peut-il seulement mordre une fille? Il aimerait bien initier la jolie Carmilla, la nouvelle de sa classe, au plaisir de l’encre. C’est en lui courant après qu’il découvre qu’elle vit au cimetière, chez Draculivre! Cette dernière veut bien embrasser la vie de buveur d’encre avec lui et confectionne à cette fin une paille spéciale, pour deux.

    Dès lors, les aventures d’Odilon se poursuivent systématiquement avec la douce Carmilla.

     

    Dans La cité des buveurs d’encre, il prend en charge le déménagement de Draculivre et de Carmilla qui doivent quitter le cimetière en raison de travaux dans le métro. Mais s’il s’éloigne de plus d’un kilomètre, Draculivre mourra. C’est dans ce livre qu’Odilon emménage définitivement avec les buveurs d’encre. Dans Le petit buveur d’encre rouge, nos héros sont littéralement aspirés dans leur histoire préférée, Le petit chaperon rouge. Ils se retrouvent à incarner les deux rôles principaux de l’histoire, soit ceux du loup et du chaperon. Odilon ne veut pas en venir à manger Carmilla mais elle lui semble tout à coup tellement appétissante!  Dans La petite buveuse de couleurs il s’en fait terriblement pour elle car elle est malade et refuse de s’alimenter d’encre. Il découvre que c’est parce qu’elle a bu une histoire qui lui est restée sur le cœur et qu’elle n’arrive pas à digérer. Ce livre portait sur les vampires qui, en buvant le sang de leurs victimes, les tuent. Carmilla se demande si elle tue les histoires en les buvant, et ça la rend malade.

    Dans Le buveur de fautes d’orthographe, Odilon découvre le goût particulier des fautes dans les livres. Ça donne du piquant et il en raffole, mais dès leur plus jeune âge ont apprend aux buveurs d’encre que l’orthographe, c’est sacré, alors Odilon va en thérapie chez le psychiatre Freudkenstein. Mais il découvre qu’il n’est pas le seul à nourrir cette passion et il se trouvera un allié dans son amour de la coquille. Finalement, je n’ai pas encore lu le dernier tome, paru l’an dernier: Le livre des petits buveurs d’encre mais voici ce qu’en dit notre catalogue de bibliothèque, c’est plutôt prometteur!

     

    Je souhaite à tout les amoureux du livre de déguster, à l’approche de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, un grand cru de la littérature jeunesse!

     

     

     

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