Archives pour la catégorie ‘Pour aller plus loin’

  • Les maux d’Ambroise Bukowski, Susin Nielsen

    Date: 2013.09.16 | Catégories: La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Roman, Roman enfant | Commentaires: 0

    Ça fait longtemps… je pourrais dire que ma vie familiale m’a pris tout mon temps (c’est vrai que j’ai passé un merveilleux été dans les parcs avec mes p’tits loups), mais ce n’est pas vrai. Je pourrais dire que c’est mon retour au travail depuis deux semaines qui me jette à plat – ça, c’est vrai, mais comme j’adore ça, je ne vais pas m’en plaindre.

    En fait, la raison de mon silence radio, je l’ai déjà évoqué ici quelquefois. J’étais en peine d’amour littéraire. Je flirtais à gauche, à droite, rien ne me donnait le goût de m’investir jusqu’au bout et vous n’avez pas idée du nombre de livre que j’ai commencé cet été… Jusqu’à Ambroise. Ambroise Bukowski. J’en avais entendu parler par ici et par . Je suis tombée sous le charme. Tellement que je me demande bien si je ne vais pas faire un cinquième enfant, juste pour pouvoir l’appeler Ambroise – j’ai déjà un Arthur et un Aubert, ça « fit » il me semble ;0)

    Les maux d’Ambroise Bukowski, Susin Nielsen

    Alors, comment vous l’avez sans doute lu partout, ça parle d’un jeune préado qui vie seul avec sa mère. Ils déménagent souvent, car elle est chargée de cours à l’université et assez impulsive. Elle le surprotège parce qu’il est allergique aux arachides, mais surtout parce que son mari est mort subitement d’un anévrisme alors qu’elle était enceinte. Ambroise comprend, on deviendrait paranoïaque à moins que ça. Le problème, c’est qu’Ambroise est assez marginal. Il est plutôt du genre à avoir des ennemis que des amis. Et les derniers en liste sont assez bien classés sur l’échelle de la moronitude.

    Bref, Ambroise se retrouve à faire l’école à la maison et n’a plus aucun contact social. Sauf avec les voisins du dessus, dont le fils vient tout juste de sortir de prison. Sa mère veut déguerpir, une chance qu’ils ne le feront pas. La brute ne se laisse pas attendrir si facilement, et il est loin d’être blanc comme neige, mais les deux amochés vont se trouver un terrain d’entente – le scrabble!- et développer une réelle complicité.

    Les personnages sont vraiment attachants. Plus vrais que nature et pleins de défauts, comme je les aime. J’ai fermé le livre avec une terrible envie de manger un baklava (les voisins du dessus sont grecs) et de boire un coup avec eux. Oui oui, les adultes prennent parfois un verre de trop dans cette histoire sans que ce soit des êtres amoraux pour autant. Ça fait du bien!

    Pour les adeptes de la forme, c’est très bien écrit. L’auteur se sert du scrabble du début à la fin et l’on comprend vraiment comment fonctionne l’esprit atypique d’Ambroise. Est-ce que vous avez compris que je vous le recommande chaudement? Vraiment, un gros coup de coeur.

    Allez, bonne lecture!

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    C’est drôle, je me relis et me dis que je suis vraiment revenue – avec bonheur! – dans mon rôle de bibliothécaire jeunesse. Je vous parle comme si vous étiez le préado à qui je conseillerais ce livre.

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    Deuxième aparté, c’était ma première expérience de lecture avec une liseuse et j’ai vraiment adoré. Je souhaite maintenant que l’offre de livres jeunesses numériques augmente, car pour l’instant…..

  • La clé à molette, Élise Gravel

    Date: 2013.06.28 | Catégories: À animer, Album, La bibliothécaire aime, La maman aime, Pour aller plus loin, Pour rigoler, Vie de tous les jours | Commentaires: 0

    C’est loin d’être un secret, j’ai un faible pour le travail d’Élise Gravel. J’ai déjà écrit un article sur ses Super-machins, parlé de sa monstrerie et de son adorable tout-carton, Je suis terrible.  Elle a un style graphique et littéraire bien à elle, une « drive » qui se démarque vraiment de ce qui se fait actuellement. En plus, elle plait à tout mon petit monde. Autant mes filles que mes garçons en raffolent. On aime ses personnages empruntant beaucoup à la bd, la bonne humeur qui se dégage de ses histoires. Simone, aujourd’hui 4 ans, était propre la journée de ses 2 ans, car je lui lisais Bienvenue à la monstrerie chaque fois qu’elle allait sur le pot et Marguerite (presque 3 ans) me demande tous les soirs, depuis 2 semaines, La clé à Molette. Quant à Arthur (presque 7 ans), il se morfond dans l’attente d’un nouveau titre de sa série Les petits dégoûtants. Bref, on est vendu.

    La clé à molette, Élise Gravelclé à molette

    Bob a besoin de sa clé à molette pour réparer son tricycle. L’ayant perdu, il se rend chez Mégamart pour en acheter une autre. Sur place, monsieur Mart réussit à lui vendre des trucs absolument encombrants et inutiles (un chapeau-frigo, un pyjama musical et une machine à crier). Après chaque achat, Bob rentre à la maison où ses amis lui font remarquer qu’il se rendait au magasin dans le but précis de simplement s’acheter une clé à molette. Après avoir dépensé tout son argent pour ces articles inutiles, Bob n’en a plus pour le fameux outil. Il cherche donc dans son placard, encombré par ses achats inutiles et y découvre heureusement… sa clé à molette.

    Une fable sur notre société de consommation où on reconnaît bien l’auteur de Nunuche magazine et Bienvenue chez Bigburp, mais qui s’adresse ici aux plus petits. Le ton reste joyeux, la répétition de la présentation du nouvel objet absurde – mais rigolo –  à ses amis provoque le rire des enfants, mais il n’en demeure pas moins que le message de fond passe sans aucune lourdeur moralisatrice. Et pour le faire passer encore plus, je m’amuse avec eux à identifier lesquels, parmi tous les objets présents sur les pages de garde, sont vraiment utiles et nécessaires. Je dois avouer que je n’ai pas encore passé à l’étape suivante, soit faire le ménage de mon placard d’objets-inutiles-risquant de me tomber sur la tête chaque fois que je l’ouvre, comme ça arrive à Bob, mais ça s’en vient…. ;0)

  • Jane, le renard et moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault

    Date: 2013.05.02 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Réaliste | Commentaires: 1

    Ce roman graphique a passablement fait parler de lui depuis sa sortie. Il a été écrit par une auteure (Fanny Britt) respectée et connue dans le milieu théâtral québécois (ce qui incite peut-être la critique à choisir ce titre dans sa pile), il présente un sujet d’actualité (l’intimidation à l’école) et son illustratrice (Isabelle Arsenault) a gagné pour la deuxième fois le prix du Gouverneur général – illustration la semaine de la parution du livre. Mais je pense que si on en a tant entendu parler, c’est avant tout parce que c’est un très bon/beau livre.

     Jane, le renard et moi, Fanny Britt et Isabelle ArsenaultJane, le renard et moi

    Je ne connais personne qui reste indifférent à l’évocation de cette période de leur vie qu’a été le passage de l’enfance à l’adolescence. Tous ceux à qui j’en parle me racontent une anecdote marquante qui s’est déroulée dans ces années – et rarement elles sont joyeuses. À la limite, certains arrivent à en sourire, ou même à en rire. Mais c’est un rire jaune avec un arrière-goût de vinaigre.

    Hélène est entre deux âges. Plus tout à fait une enfant (elle prend l’autobus seule et lit Jane Eyre), mais pas encore une adolescente (elle aime sa robe à crinoline). Elle avait des amies avant, celles-là mêmes qui rient d’elle maintenant. Hélène subit, sans dire un mot. Développe des trucs pour faire comme si ça ne la dérangeait pas. Elle plonge dans son livre. Elle s’attache dès le début à Jane Eyre, semble envier son destin d’enfant meurtrie qui sort de l’ombre.

    La jeune fille pose un regard lucide sur la vie, comprend la fatigue de sa mère. On sent que c’est une « bonne fille ».

    Un jour, elle apprend qu’elle doit partir dans un camp-nature avec sa classe pour deux semaines. Humiliations en perspective, qui commencent par l’achat d’un maillot de bain. Hélène n’est pas grosse, même pas au-dessus de la moyenne. Mais à force de se le faire répéter, ça s’est intégré. Une fois sur place, dès les premiers instants, ses craintes se réalisent. Personne pour partager volontairement sa tente, personne avec qui dîner, personne avec qui s’asseoir au bord du feu. Et les humiliations continuent sans que personne ne vienne à sa défense.

    C’est au fond des bois qu’elle rencontre le renard du titre. Il ne fait que passer brièvement dans l’histoire, le temps de lui lancer un regard d’une douceur qui la touche profondément. « Il a le regard tellement doux que j’explose presque. Le même regard dans l’oeil d’un humain: je lui offre mon âme, garantie. » Cette rencontre annonce en fait celle qu’Hélène fera avec Géraldine, une jeune fille qui décide de sortir de la bande, car elle n’adhère pas à leurs pratiques. Cette catastrophe annoncée sera finalement moins dommageable que prévu pour l’estime de soi de la petite. Et si Jane a réussi à continuer à aimer et à pardonner Mr Rochester, pourquoi est-ce qu’Hélène n’y arriverait-elle pas aussi, dans la vraie vie?

    C’est une belle histoire, dont la thématique est d’actualité. La vision est bien celle d’une enfant blessée. Regard porté sur son pénible quotidien. Le ton est plus que juste et les assauts, juste assez cruels pour qu’on y croie, qu’on s’y reconnaisse. L’histoire est toute simple et simplement écrite, c’est une histoire qui existe – a existé et existera – par milliers de copies vivantes.

    La particularité de ce type d’ouvrage, c’est la nécessaire symbiose entre les deux médiums qui le compose: texte et illustrations. Ici, la fusion opère.  Toutes les émotions, les atmosphères, sont décuplées par les illustrations alors que le texte ne fait souvent que les suggérer. L’ensemble est en dégradé de gris et les touches de couleurs sont soigneusement choisies pour ajouter au récit. Une très très belle réussite. On en a beaucoup parlé, et avec raisons!

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     Mon anecdote? En secondaire 2, une fille de la gang des « cool » m’a fait un croc-en-jambe dans le corridor et j’ai trébuché devant tout le monde « important » de l’école. Elle s’est esclaffée, ainsi que toute sa bande. J’étais humiliée. Ce n’est arrivé qu’une fois, je ne me suis jamais fait insulter par la suite comme l’héroïne du roman. Mais aujourd’hui, j’aimerais bien qu’elle voie où je suis rendue dans la vie et combien je suis comblée –  ce qui ne lui ferait sûrement pas un pli remarquez! Juste pour lui prouver que je me suis relevée, que sa méchanceté momentanée ne m’a pas écrasée. C’est ridicule, mais ça démontre comment un seul petit événement peut nous suivre -à distance, mais quand même – toute notre vie. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai rencontré ma Géraldine à moi et nous avons échangé plein de livres.

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