Archives pour la catégorie ‘La maman aime’

  • La plus délirante histoire de caca de l’année: Le mouton farceur, Mark Sommerset

    Date: 2014.11.01 | Catégories: À animer, Album, La bibliothécaire aime, La maman aime, Pour rigoler | Commentaires: 1

    Ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent l’amour que je porte au thème: pipi, caca, pet et crottes de nez, que j’ai déjà traité ici et . En digne bibliothécaire adepte de ce genre d’histoire pour les heures du conte, je ne pouvais passer sous silence la publication, cette année, de quelques petits bijoux dans le genre:

    mouton farceurLe mouton farceur, Mark Sommerset

    Sérieusement, il y avait longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant un livre. Et en heure du conte, c’est le délire total. Même mon grand Arthur l’a lu devant sa classe de 2e année et ça s’est roulé par terre.

    C’est l’histoire toute bête (ce sont celles-là les plus drôles!) d’un mouton qui joue un tour à un dindon en lui faisant croire qu’il lui offre des « pastilles à malice » alors qu’il s’agit de vulgaires crottes. C’est dans la joute verbale rapide entre les deux personnages que se situe toute la drôlerie de la situation. En fait, on en vient à plaindre la pauvre victime qui se laisse duper aussi facilement et se jette avidement, et avec appétit, sur la montagne de caca.

    Il faut dire que j’aime aussi beaucoup les illustrations. Il y a un petit je ne sais quoi dans celles-ci qui est vraiment bien réussi. Vous savez quoi, c’est vraiment un livre à se faire raconter alors pourquoi n’essayons-nous pas? Et comme c’est vraiment un duo, je le fais en tandem avec mon grand Arthur.

    Et le meilleur, vous savez ce que c’est? Il y a une suite! À venir prochainement: Le dindon de la farce.

    P.S. Croyez-le ou non, le mignon poupon aux pieds dodus qui lit son livre à l’envers sur la page d’accueil du blogue, c’était lui!

  • L’autobus, Marianne Dubuc

    Date: 2014.10.19 | Catégories: À animer, Album, Avant le dodo, Développer son imaginaire, La bibliothécaire aime, La maman aime | Commentaires: 0

    L'autobus Ce livre a été un coup de cœur au premier regard! Les illustrations de Marianne Dubuc sont aussi magnifiques que dans ses chefs-d’œuvre précédents (je suis particulièrement fan de Devant ma maison et de Le lion et l’oiseau) et je dois avouer que la ligne 18, c’est aussi la mienne (elle passe sur la rue Beaubien à Montréal). Parlant d’autobus, avec un thème comme celui-là, il est clair que ça plaît à tous les enfants! J’ai un échantillon de chaque âge, par bond de 2 (les profs voient ici que je fais réviser ses leçons à mon fils ;0) ) , entre 2 et 8 ans, et c’est unanime. On le lit et le relit en famille plusieurs fois par semaine! Un soir c’est mon Aubert (2 ans) qui me court après « livre tobus mamie maman » (il a pris ce bus avec mamie récemment), l’autre c’est Simone (5 1/2 ans) « Maman, est-ce qu’on peut lire le livre du Petit chaperon rouge qui prend l’autobus? » ou alors c’est Arthur (presque 8 ans) « Maman, viens voir, j’ai encore trouvé des nouvelles affaires  (lire ici des nouveaux détails) dans le livre sur la 18″. Et combien de fois j’ai retrouvé le livre dans le lit de Marguerite (4 ans), car elle s’endort en lisant. Bref, un livre qui plaît à toute ma famille.

    C’est le récit linéaire d’une jeune fille que sa mère accompagne au bus, l’y laissant monter en direction de chez sa grand-mère avec un panier contenant des galettes et une veste rouge. Au fil des arrêts, toute une galerie de personnages monte et descend. On y voit la vie à l’intérieur et y devine le caractère ou l’humeur de chaque passager. La richesse se trouve dans la multitude de détails qu’on s’amuse à découvrir et qui sont modifiés d’une page à l’autre. Ici, on voit à travers la fenêtre le détail du chapeau du personnage qui montera dans le bus à la prochaine page. Là, on suit trois petits chenapans qui font de nouvelles folies à chaque arrêt. Je ne vous en dis pas trop, le plaisir de lecture est dans la découverte de ces petits récits qui se construisent en parallèle de la trame principale. Vraiment, un essentiel à posséder, car vos enfants voudront y revenir souvent –  et comme la trame est simple, ils liront rapidement d’eux-mêmes l’histoire en regardant les images!

  • Pablo trouve un trésor, Andrée Poulin et Isabelle Malenfant

    Date: 2014.10.12 | Catégories: Album, La bibliothécaire aime, La maman aime, Pour aller plus loin | Commentaires: 0

    PabloVous le savez, j’ai un faible pour Carré blanc, l’excellente collection publiée chez Les 400 coups et dont le mandat est défini comme suit sur leur site: Quand le cercle noir devient-il carré blanc ? Lorsqu’il nuance son point de vue. Par des textes dérangeants et des illustrations fortes, cette collection veut sensibiliser les enfants à ce qui constitue l’humanité.

    En 2012, Tu me prends en photo m’avait grandement marqué. Et plusieurs autres avant: Le tricycle de Sinichi, Fidèles éléphants, Rose Blanche, Au secours les anges (que je ne peux lire sans m’effondrer), Ma maman du photomaton, Nul poisson où aller (d’accord, lui ne fait pas partie de la collection, mais je ne comprends pas trop pourquoi).

    Donc, Pablo vit dans ce qui semble être une grande ville au sud de l’Amérique du Nord. Il se rend à la décharge tous les jours avec sa grande sœur afin de dénicher des détritus réutilisables ou recyclables qu’il vendra pour les nourrir, lui, sa mère et sa sœur. Mais sur la montagne, Grand Sale règne en maître et contraint, par la force, les plus faibles à lui remettre les trésors trouvés. Pablo pense avoir déniché quelque chose qui leur permettra de se payer le luxe d’un poulet entier pour sa sœur et d’une gâterie – un livre – pour lui. C’est sans compter les yeux experts et les points cogneurs de Grand Sale. Je ne vous dirai pas la fin, mais contrairement à plusieurs fins d’album Carré blanc, celle-ci est lumineuse et placée sous le signe de la joie.

    C’est un livre magnifique, par le texte et par l’image. L’utilisation de pastels aux couleurs terreuses, au fini un peu sale, rend très justement l’ambiance et permet de bien deviner le milieu de vit des enfants. Pas étonnant que le livre soit finaliste au Prix du gouverneur général 2014 pour ses extraordinaires illustrations!

    Vous vous demandez peut-être comment utiliser cet album, dans quel contexte le lire? Je suis de l’école voulant qu’on mette rapidement les enfants en contact avec les réalités du monde qui les entoure – pas en leur montrant les images catastrophes aux nouvelles, mais en discutant avec eux. J’ai lu ce livre à ma fille de 5 1/2 ans et à mon fils de presque 8 ans plusieurs fois cet été – à leur demande – et depuis, ils y font régulièrement référence lorsqu’on parle de toute autre chose: de l’argent qu’on a et de celui qu’on n’a pas (« dans le livre, les enfants, c’est sur qu’ils n’ont pas d’argent pour suivre des cours au service de garde »), des enfants qui vivent d’autres réalités que la leur (« maman, nous on est chanceux de pouvoir aller à l’école en auto quand il pleut, les enfants du livre, eux, ils doivent aller dans les montagnes de poubelles sous la pluie- maman, Est-ce que ça veut dire qu’ils ne vont pas à l’école? Et le petit garçon il rêve quand même d’avoir un livre!), de la nourriture saisonnière actuellement disponible (c’est pas grave maman si on peut pas avoir des fraises en hiver, Pablo lui n’en a surement jamais mangé). Ça les a marqués, particulièrement ma fille. C’est comme si l’histoire continuait à vivre en elle et lui permettait d’actualiser sa compréhension du monde à chaque nouvelle donnée enregistrée.

    Un grand livre qui nous habite longtemps – et qui semble les habiter, eux, nos petits privilégiés, ecore plus longtemps.

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