Archives pour la catégorie ‘Vie de tous les jours’

  • La clé à molette, Élise Gravel

    Date: 2013.06.28 | Catégories: À animer, Album, La bibliothécaire aime, La maman aime, Pour aller plus loin, Pour rigoler, Vie de tous les jours | Commentaires: 0

    C’est loin d’être un secret, j’ai un faible pour le travail d’Élise Gravel. J’ai déjà écrit un article sur ses Super-machins, parlé de sa monstrerie et de son adorable tout-carton, Je suis terrible.  Elle a un style graphique et littéraire bien à elle, une « drive » qui se démarque vraiment de ce qui se fait actuellement. En plus, elle plait à tout mon petit monde. Autant mes filles que mes garçons en raffolent. On aime ses personnages empruntant beaucoup à la bd, la bonne humeur qui se dégage de ses histoires. Simone, aujourd’hui 4 ans, était propre la journée de ses 2 ans, car je lui lisais Bienvenue à la monstrerie chaque fois qu’elle allait sur le pot et Marguerite (presque 3 ans) me demande tous les soirs, depuis 2 semaines, La clé à Molette. Quant à Arthur (presque 7 ans), il se morfond dans l’attente d’un nouveau titre de sa série Les petits dégoûtants. Bref, on est vendu.

    La clé à molette, Élise Gravelclé à molette

    Bob a besoin de sa clé à molette pour réparer son tricycle. L’ayant perdu, il se rend chez Mégamart pour en acheter une autre. Sur place, monsieur Mart réussit à lui vendre des trucs absolument encombrants et inutiles (un chapeau-frigo, un pyjama musical et une machine à crier). Après chaque achat, Bob rentre à la maison où ses amis lui font remarquer qu’il se rendait au magasin dans le but précis de simplement s’acheter une clé à molette. Après avoir dépensé tout son argent pour ces articles inutiles, Bob n’en a plus pour le fameux outil. Il cherche donc dans son placard, encombré par ses achats inutiles et y découvre heureusement… sa clé à molette.

    Une fable sur notre société de consommation où on reconnaît bien l’auteur de Nunuche magazine et Bienvenue chez Bigburp, mais qui s’adresse ici aux plus petits. Le ton reste joyeux, la répétition de la présentation du nouvel objet absurde – mais rigolo –  à ses amis provoque le rire des enfants, mais il n’en demeure pas moins que le message de fond passe sans aucune lourdeur moralisatrice. Et pour le faire passer encore plus, je m’amuse avec eux à identifier lesquels, parmi tous les objets présents sur les pages de garde, sont vraiment utiles et nécessaires. Je dois avouer que je n’ai pas encore passé à l’étape suivante, soit faire le ménage de mon placard d’objets-inutiles-risquant de me tomber sur la tête chaque fois que je l’ouvre, comme ça arrive à Bob, mais ça s’en vient…. ;0)

  • Quand nos chers petits monstres font des cauchemars…

    Date: 2013.04.23 | Catégories: Album, Avant le dodo, La maman aime, Vie de tous les jours | Commentaires: 0

    Étrangement, chez moi, c’est la grande de 4 1/2 ans qui fait des cauchemars et a peur d’aller dormir. Pour l’instant, le roi Arthur (6 1/2 ans), accepte que la princesse Sissi dorme avec lui, mais il viendra un temps où il refusera – et ce sera son droit! Comment faire pour démystifier sa peur des monstres et sa crainte du noir (outre les anges et autres gris-gris suspendus à son lit et censés la protéger)?

    Tentative no 1: présenter les monstres comme quelque chose de pas si terrible que ça finalement. Bienvenue à la monstrerie

    Certains livres nous présentent les monstres comme des bêtes de compagnie sympathiques et nous en proposent en adoption (Bienvenue à la monstrerie, Élise Gravel – mon monstre préféré reste la crapouille). D’autres les montrent plutôt vulnérables (Il y a un cauchemar dans mon placard, Mercer Mayer – c’est le cauchemar qui cherche réconfort dans le lit du petit garçon)  et avec les mêmes craintes que l’enfant (Papa, Corentin – le monstre a peur de l’enfant dans son lit alors que l’enfant, lui, a peur du monstre dans le sien). Parfois, ils sont carrément ridicules (Attends que je t’attrape, Tony Ross – à la fin, nous découvrons que le monstre est plus petit que la semelle de la chaussure de l’enfant) ou deviennent des alliers nocturnes (Drôle de cauchemar, Bruno St-Aubin – le monstre qui effrayait l’enfant lui sauve la vie et ils deviennent amis). Enfin, il y a ceux qui sont polis et amicaux (J’ai rendez-vous avec un monstre, Nick Bland – un monstre s’invite par erreur à jouer chez un enfant et tous deux sont anxieux, mais désirent plaire à l’autre). Finalement, il y a mon préféré, le monstre qui aime tellement lire, qu’il en oublie de faire peur aux enfants (Le gros monstre qui aimait trop lire,  Rogé). Il n’y a plus qu’à disposer des livres près du lit et dire à notre petit terrifié que si jamais un monstre vient, il préférera lire son histoire préférée plutôt que de l’effrayer!

     

    Tentative no 2: partir à la chasse aux monstres Du bruit sous le lit

    Ces quatre livres présentent des enfants glorieux qui viennent à bout de leurs monstres. Dans Du bruit sous le lit, de Mathis, un garçon argumente avec le monstre sous son lit pour lui prouver que son papa est bien plus abominable que lui – il est grand, il est fort et il a du poil! Lorsque le papa se pointe à la porte pour faire taire ce délire, le monstre a effectivement la trouille du paternel et se sauve en courant – Une histoire pour redorer l’égo de papa. Dans Il y a un alligator sous mon lit, de Mercer Mayer, les parents ne voient rien sous le lit de fiston, il doit donc résoudre seul son problème. Qu’à cela ne tienne, il l’attire dans le garage avec un chemin de nourriture et l’y enferme. Il offre ensuite gentiment son aide à papa s’il a de la difficulté à récupérer la voiture le lendemain – Moins bon pour l’égo de papa par contre. Alexis, chevalier des nuits, d’Andrée-Anne Gratton,  présente un petit garçon aux prises avec des cauchemars récurrents. Chaque nuit, Alexis refuse de dormir dans son lit. Tous les lieux de son sommeil (tapis, baignoire, garde-manger) se transforment en monstres. Une nuit, ça suffit! Il revêt son armure de chevalier et les fait reculer. Il gagne la guerre des monstres et retourne enfin dans son lit. Le grand livre de tous les méchants, de Michel Piquemal, se passe dans un château épouvantable où tous les monstres font la fête. Un gentil lutin en a assez du règne de la terreur et décide de régler leur compte à la bande de voyous. Il réussit à les faire prisonniers du livre que l’enfant-lecteur est en train de lire. Il est donc important de refermer soigneusement la boucle rouge du livre avant d’aller dormir, les monstres ne pourront ainsi plus jamais s’en échapper!

    Alexis, chevalier des nuitsEt même si vous avez la chance de ne pas vous faire réveiller par un petit monstre terrorisé au milieu de la nuit, vous pouvez quand même lui lire ces livres, qui plairont à coup sûr!

  • Des livres pour aider nos petits à exprimer leur colère

    Date: 2013.04.02 | Catégories: Album, La maman aime, Pour un câlin, Vie de tous les jours | Commentaires: 0

    « La colère est une courte folie » – Horace

    « La parole apaise la colère » – Eschyle

    Scénario no 1: Marguerite, 2 ans, entre de la maison toute emmitouflée pour l’hiver. Son grand frère et sa grande sœur se déshabillent aisément, mais elle n’y arrive pas avec les boutons de son gros manteau. Je le vois dans son visage, ça s’en vient. Le sourire tombe, les yeux se plissent puis le cri retentit: « Pas capable ».

    Scénario no 2: Simone, 4 ans, veut que maman lui lise une histoire de princesse. L’ennui, c’est que maman prépare le souper, fait répéter sa leçon à grand frère, bébé a la couche pleine et il faudrait mettre la brassée dans la sécheuse. Simone s’en va donc bouder toute seule dans son lit.

    Scénario no 3: Arthur, 6 ans, a été très énervé au service de garde et est privé de Wii. Frustré, il lance sa boîte à lunch sur le comptoir de cuisine, son sac à dos sur le plancher, donne un coup de bien dans le jouet de bébé Aubert au passage et se jette dans le divan en pleurant.

    *****

    Bref, tout le monde est en colère. Comment revenir sur le sujet une fois les esprits calmés? Pourquoi ne pas aborder le problème de la gestion – ou de la non-gestion plutôt – de la colère avec un livre? Les enfants s’identifient facilement aux personnages des histoires et collé sur papa-maman, c’est plus facile de parler de nos petits problèmes – et de trouver des solutions.

    Dans la catégorie: Je veux tout faire toute seule, mais j’en suis incapable

    Ma stratégie ici: montrer à ma cocotte que c’est normal que ça soit difficile, qu’on peut faire des erreurs, qu’on peut s’amuser quand même et que demander de l’aide aux grands sans se fâcher, ça peut être doublement amusant.

    Petit héros s’habille tout seul, François Barcelopetit héros s'habille tout seul

    Max veut aller jouer dehors et en a assez d’attendre que ses parents l’habillent. Solution: il se lance tout seul. Il y arrive avec plus ou moins de succès, mais sa maman l’encourage tout de même et lui dit qu’il est son petit héros d’avoir réussi tout seul. La fin de l’histoire sous-entend que Max, c’est en fait l’enfant-lecteur. Idéal pour donner de la motivation – et de la confiance en soit – à notre petit « terrible two ».

    Bonjour Sacha, Marie-Louise Gay

    bonjour sachaIci, Sacha demande de l’aide à sa grande soeur Stella pour s’habiller. Il perd ses vêtements, n’y arrive pas, oublie son pantalon… mais le tout se passe agréablement dans la rigolade et la bonne humeur. Et à la fin, même Stella a oublié quelque chose de très important: ses chaussures! Idéal pour montrer que malgré les difficultés, on peut s’amuser et garder une ambiance légère (loin des crises où tous se prennent la tête).

    Dans la catégorie: Papa et maman ne s’occupent pas de moi

    Ma stratégie ici: montrer à ma petite princesse que même si je suis occupée, je l’aime de tout mon cœur et que ce sera toujours le cas. Malgré ses bêtises… et les miennes!

    Les mots doux, Carl Noracles mots doux

    Lola se réveille la bouche pleine de mots doux. Elle voudrait les dire à Papa et Maman, mais ils sont trop pressés. À l’école, la journée passe sans que l’occasion se présente. Une fois à la maison, Lola boude et n’a plus envie de les dire, ses mots doux. Lorsque ses parents lui demandent ce qui se passe, sa colère gonfle et elle explose: Je vous adore! L’effet escompté arrive immédiatement: plein de câlins et de bisous. Ici, la morale est à la fois pour moi et pour ma puce: on devrait toujours avoir le temps de se dire des mots doux.

    Y a-t-il quelqu’un qui m’aime ici?, Pascal Teuladey a-t-il quelqu'un qui m'aime ici

    Lorsque Achille rentre de l’école,  la maison est sens dessus dessous et ses parents sont trop occupés pour penser à son goûter. Il part donc désespérément à la recherche de quelqu’un qui l’aimerait. Sur son chemin, il croise ses amis, qui affirment tous l’aimer. Mais le chagrin d’Achille est si grand qu’il lui semble que ceux-ci ne l’aiment que pour ce qu’il a à leur offrir. Il cherche un endroit où il fait triste, comme dans son coeur. Il rencontre alors le loup dans la forêt qui lui, aimerait bien le manger. Une énorme boule d’amour rose dévale alors la pente à sa rescousse. Depuis, Papa et Maman sont aussi occupés, mais Achille aussi a du travail, car il les aide. Mon idée avec cette histoire, c’est de montrer à ma princesse que je n’ai peut-être pas le temps de faire ce qu’elle me demande, mais que ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire quelque chose ensemble et s’amuser autant!

    Dans la catégorie: J’ai fait une bêtise et je suis fâché de me le faire reprocher

    Ma stratégie ici: faire comprendre que c’est normal de ressentir de la colère et que tout briser n’est pas la bonne façon de l’exprimer. Une petite discussion suivra bien sûr sur les moyens à prendre pour faire sortir cette grosse boule de son ventre sans rien casser (y compris les oreilles du reste de la famille).

    Grosse colère, Mireille d’Allancégrosse colere

    Robert a eu une mauvaise journée et envoie valser ses chaussures en rentrant en plus d’être plutôt impoli. Résultat: il gagne un aller simple pour sa chambre. Une fois derrière sa porte, la chose monte en lui. Elle prend la forme d’une tache rouge qui couvre d’abord son visage, puis ses bras et son corps en entier. Il vomit littéralement en hurlant une grosse bête rouge et méchante qui se met à tout détruire sur son passage. Allégorie de ce que font les enfants sous le coup de la colère, cette bête détruit même les jouets préférés de Robert. Celui-ce se « réveille » alors et la colère devient toute petite, au point de rentrer dans une boîte. Une fois la chose enfermée, Robert demande à son père s’il y a du dessert, car il sait bien que son papa sera toujours là malgré tout. Ce que je veux avec cette histoire, c’est montrer à mon grand que sa colère est légitime, mais qu’il faut qu’il apprenne à la gérer, car elle pourrait faire des dégâts qu’il ne souhaite pas. Je l’invite donc à fabriquer lui-même une boîte où ranger sa colère quand elle déborde. Ou alors à se choisir une peluche à qui il pourra exprimer sa colère.

    La colère du dragon, Philippe Goossensla colere du dragon

    Ici, un petit garçon explique comment il devient un terrible dragon lorsqu’il s’enferme dans une bouderie suite à trop de non. Il devient alors prisonnier de sa colère et fait des choses sans réfléchir – un dragon, ça ne réfléchit pas, ça n’a pas d’ami, ça ne veut pas être pris dans les bras. Après la crise, il se retrouve tout seul et très triste. Il n’a qu’une envie: pleurer pour éteindre le feu qui brûle en lui. Heureusement, ses parents sont toujours là. Lorsque Papa lui demande pourquoi il s’est mis en colère, il ne le sait plus, mais se doute qu’il devait y avoir une très bonne raison pour qu’il se transforme en dragon. Et voilà, la table est mise pour demander à mon grand si le petit garçon avait effectivement raison de se transformer en dragon et ce qu’il aurait pu faire à la place.

    Et finalement, un livre magique pour les faire parler.

    Parfois je me sens, Anthony BrowneParfois je me sens

    Ici, il n’est pas seulement question de leurs colères, mais de toutes les émotions qu’ils vivent. Chaque page présente le même sympathique singe qui exprime comment il se sent, le tout reflété dans l’illustration. Ainsi, parfois il s’ennuie et tout devient gris, d’autre fois il se sent seul, et il apparaît alors minuscule dans une double-page blanche. Parfois il est heureux, en sautant sur un fond jaune, ou inquiet, assied à une table en se grattant la tête et le menton. Et ça continu avec la faim, la tristesse… La dernière double-page présente les vignettes de toutes les pages-émotions présentées avec la question  » Comment te sens-tu, toi? ». Un démarreur efficace pour mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et en quelles circonstances.

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