Archives pour la catégorie ‘Science-fiction’

  • Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux

    Date: 2011.09.12 | Catégories: Adolescent, Amour, Aventure, Dystopie, Pour aller plus loin, Réaliste, Science-fiction | Commentaires: 5

    Je ne crois pas vous avoir parlé ici du livre-choc Les larmes de l’assassin d’Anne-Laure Bondoux, que j’ai lue il y a déjà quelque temps (années?) à la suggestion de Pascale Grenier lors d’une formation au CQRLJ. C’est vraiment un livre troublant sur la dualité présente en chaque homme. Sur le bien et le mal qui habite tout un chacun, sans n’être jamais en pourcentage égal. En une phrase : c’est l’histoire d’un enfant qui, habitant seul avec ses parents à l’extrémité du monde, est recueilli par l’assassin de ses derniers, qui l’élève comme son propre fils. Vraiment, je vous le suggère.

    Je suis revenue à cette auteure cet été via le site de Sophielit, alors qu’elle recevait en entrevue une dame que j’ai moi-même reçue en bibliothèque en 2006 et de qui je garde un très bon souvenir, Louise Lespérance. Puit sans fin de suggestions de lecture pour les jeunes, elle m’avait laissé plusieurs bibliographies par genre qui m’ont été très utiles à mes premières armes. Donc, lorsque j’ai vu qu’elle donnait le titre Le temps des miracles d’Anne-Laure Bondoux comme son livre le plus marquant de l’année dernière, je l’ai immédiatement réservé.

    D’elle, j’ai lu 4 titres. Les larmes de l’assassin, un drame psychologique poignant et déroutant. Le destin de Linus Hoppe, une œuvre d’anticipation. La Princetta et le Capitaine, un pur roman d’aventures. Et Le temps des miracles, un drame réaliste, un récit de vie en temps de guerre. Et dans tous ces genres, je l’ai trouvé excellente. C’est peu dire.

    J’aurais envie de m’étendre un peu sur La Princetta et le Capitaine, car je ne suis vraiment pas une fan du roman d’aventures en général. Mais celui-ci, wow! J’ai totalement embarqué dans son univers marin, me suis laissée émouvoir par cette douce histoire d’amour (inévitable au roman d’aventures) et rêve depuis d’aventure épique (quoique travailler à temps plein et élever trois enfants d’âge préscolaire comporte son lot d’aventures) dans les steppes arides. Pour les bons lecteurs de romans d’aventures, je n’hésiterai pas à le conseiller. D’autant plus qu’elle y mêle un peu de fantastique et s’inspire visiblement du voyage d’Ulysse. Et la couverture est magnifique sur l’édition de 2004, réalisée par nulle autre que Rebecca Dautremer!

     

    Mais revenons au magnifique Le temps des miracles, sujet de cet article après tout. Koumail arrive en France à 12 ans. Il ne parle pas français, mais son vrai nom est Blaise Fortune. Il a grandi dans le Caucase, mais possède un passeport français. Il a traversé l’Europe aidé par Gloria, celle qui l’a recueilli bébé, afin de rentrer dans son pays natal. Afin d’y avoir une vie meilleure, à l’abri de la guerre. Et à l’abri de bien d’autres choses liées à son passé, mais ça, il ne le sait pas encore.

    Gloria Bohème, qui l’a élevé et trimballé toute son enfance, ne lui a pas tout dit. Pour le préserver, pour le faire rêver. Et c’est avec art qu’à travers la voix de cette Gloria Bohème, l’auteure nous fait rêver. Nous racontant la guerre et les pays de l’Est. Les gitans et la survivance. L’errance. Car le meilleur remède au désespoir, quand il devient impossible de se faire croire que ce sont les pieds d’un autre qui sont douloureux et non les siens, que c’est l’estomac d’un autre qui crie famine, c’est encore l’espoir.

    C’est à travers les histoires qu’elle raconte qu’elle donne espoir à Koumail. À travers son histoire qu’elle lui conte sans cesse: la famille de Gloria, le verger de son père, ZemZem, son amoureux mythique, le déraillement du train, sa mère qui aurait survécu, mais serait disparue. Et l’espoir, Koumail, même lorsqu’il est véritablement devenu Blaise, un petit français bien en règle, il ne l’a jamais perdu. L’espoir de retrouver celle qui l’a aimé comme une mère et qui l’a abandonné dans ce camion de bétail. Gloria Bohème, qu’il retrouvera longtemps après et se trouvera ainsi lui-même. Après tout, Koumail ne veut-il pas dire universel en arabe. Un excellent livre qu’on a de la difficulté à poser – et oui, un autre!

    Et vous, avez-vous d’autres titres à me suggérer? Je suis toujours à la recherche de ces livres qui laissent une trace indélébile sur l’hémisphère droit de mon cerveau.

  • Lectures d’été, romans pour ados et jeunes adultes

    Date: 2011.06.27 | Catégories: Adolescent, Amour, Dystopie, Policier-Enquête, Réaliste, Science-fiction | Commentaires: 2

    Et bien, on dirait que l’été s’est finalement confortablement installé. C’est le temps de mon pèlerinage annuel du côté de l’art actuel québécois. Surpris? Avant de m’enivrer de littérature jeunesse, j’ai travaillé plusieurs années dans ce milieu. Chaque été depuis plus de dix ans, je rédige des dossiers sur les artistes qui exposeront dans un des meilleurs et plus avant-gardistes centres d’exposition en art actuel, soit Plein sud (allez, un peu de pub pour eux!). Ceci sera donc officiellement mon dernier article de l’été (à moins qu’une irrépressible envie de vous faire partager une découverte ne me pousse à écrire).

    Comme vous allez sans doute faire provision de livres avant de partir en vacances, je me suis dit qu’une petite liste était de mise. Voici donc, en vrac, des romans que je vous invite à lire cet été.

     

    Le roman réaliste de type coup de poing

    Ma vie ne sait pas nager, Élaine Turgeon

    Comme une peau de chagrin, Sonia Sarfati (sur l’anorexie)

    Pourquoi?, Moka

    Le ciel tombe à côté, Marie-Francine Hébert (sur l’abus sexuel)

    La fille du canal, Thierry Lenain (même sujet)

    L’arbre tombé, Hélène Vachon

    Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zenatti

    Tout Robert Cormier, particulièrement À la brocante du cœur

    Guerres, Charlotte Gingras

    Le temps des mots à voix basse, Anne-Lise Grobéty

    H.B., Thierry Lenain

    La fille d’en face, Linda Amyot

    La ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain

     

    Science-fiction

    Jenna Fox, pour toujours, Mary E. Pearson

    Hunger Games et autres titres de l’article

    Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Le passeur, Loïs Lowry

     

    Policier

    Peine maximale, Anne Vantal

    L’affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy

    La fille en cuir, Raymond Plante

    Délit de fuite, Norah McClintock

     

    Pour voyager dans les livres

    Vango, Timothée de Fombelle (Pour faire du Zeppelin et visiter l’Europe à l’aube de la 2e guerre)

    Tobie Lolness 1 et 2, Timothée de Fombelle

    Tout Michel Noël (Pour un voyage dans le grand nord)

    La disparition, Charlotte Gingras (Même raison)

    Les trois lieues, Sylvie Desrosiers (Même raison)

     

    Histoires d’amour

    Cassiopée, Michèle Marineau (Un classique de mon adolescence)

    Marie-Lune, Dominique Demers (Un autre)

    Ève Paradis, Reynald Cantin (le dernier de ma trilogie des classiques)

    Ophélie, Charlotte Gingras (Il deviendra un classique pour les ados de la présente génération)

    Entre chiens et loups, Malorie Blackman (ainsi que les tomes suivants)

     

    Et vous, des livres à me suggérer cet été?

    Bon été et je reviendrai de manière régulière en septembre.

  • Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Date: 2011.06.10 | Catégories: Adolescent, Science-fiction | Commentaires: 2

    Je déteste quand je lis un livre que j’ai trop attendu, donc j’ai trop entendu parler (ce qui est assez contradictoire avec la tenu de ce blogue, j’en conviens). Cela met sur l’objet de papier une pression de plus pour qu’il m’impressionne. Il part avec un handicap terrible, celui de devoir combler mes attentes avant de même pouvoir commencer à m’impressionner. Imaginez comment Terrienne est parti avec une longueur de retard! On en a tellement parlé sur les blogues et autres réseaux sociaux. Mais c’est qu’il avait les reins solides ce roman, j’en suis encore chamboulée…

     

    Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Mourlevat est un auteur assez connu de l’autre côté de l’atlantique à ce que j’en déduis, mais personnellement je ne l’ai découvert qu’il y a quelques mois. Une lectrice de ce blogue me suggérait un de ses livres dans un commentaire suite à un article sur un livre marquant de ma carrière. Pour cette enseignante, c’était La balafre, du même auteur, qui l’avait marqué. Je l’ai lu et ai beaucoup apprécié. Je me demande d’ailleurs pourquoi je ne vous en avais pas parlé…Bref, il est ici question de son dernier livre: Terrienne.

    C’est l’histoire d’Anne, une jeune fille qui sort à peine de l’adolescence, et dont la sœur Gabrielle est disparue suite à son mariage avec un étrange personnage. Un an plus tard, elle entend sur les ondes de la radio cette sœur disparue qui l’appelle à l’aide en lui donnant des indications sommaires sur le moyen de la retrouver. Anne ne savait pas alors qu’elle allait devoir aller chercher sa sœur dans un monde parallèle.

    Nous suivons donc les pérégrinations de la cadette dans ce monde dangereux où les terriens appartiennent au mythe et dont seuls quelques initiés connaissent l’existence. Je ne veux pas vous révéler l’histoire ici, à vous d’aller la lire, mais je dirais que la richesse de ce récit tient à deux choses. Premièrement, cet autre monde imaginé par Mourlevat fonctionne très bien. J’entends par là qu’on y croit, qu’on a l’impression d’y vivre avec les personnages, qu’on peut en visualiser les contours lors de la lecture. De même va l’intrigue, le lien fraternel est puissant, nous irions tous jusqu’au bout de nous-mêmes pour notre frère ou notre sœur. Deuxièmement, suite à la lecture, nous sommes envahies d’une étrange vitalité, investie d’un devoir d’émerveillement envers toute parcelle de vie qui anime cette terre. C’est que comme Anne, nous avons éprouvé la crainte de ne pas retrouver ce plaisir des petites choses terriennes. Juste pour ça, le roman vaudrait le détour. Je vous le recommande sans hésitation!

     

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