Archives pour la catégorie ‘Policier-Enquête’

  • Waterloo Necropolis, Mary Hooper

    Date: 2012.06.28 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Policier-Enquête, Réaliste, Roman | Commentaires: 1

    Habituellement, ce n’est vraiment pas le genre de livre qui me passionne. Les lecteurs de ce blogue le savent,  j’affectionne particulièrement les romans réalistes et actuels à saveur dramatique. Ici, on se retrouve dans le Londres de l’époque victorienne. Mais….

    Waterloo Necropolis, Mary Hooper

    Allez savoir pourquoi, j’ai dévoré ce livre? C’est probablement l’ambiance glauque, bien campée dès la première scène, alors qu’on se retrouve dans un train funéraire filant vers un cimetière campagnard (ceux de Londres étant plein en raison d’une récente épidémie de choléra), qui m’a happée. Le style littéraire d’Hooper a quelque chose de cinématographique, la description des scènes où se jouent les drames de la pauvre Grace et de sa soeur, dans un Londres où s’opposent continuellement richesse démesurée et pauvreté extrême, est très visuelle. Rarement j’ai autant « vu » un livre en le lisant.

    Et c’est là que se trouve la qualité principale du livre. L’atmosphère irrespirable dans lequel se déroule le destin de cette orpheline-enfant-mère nous encrasse et nous prend à la gorge comme le brouillard épais de Londres. On ne peut en sortir pour prendre une bouffée d’air, on veut lire l’histoire jusqu’au bout. Même si on devine les intrigues assez rapidement, même s’il y a peu de surprise, nous sommes tout de même tenus en haleine. Nous devons continuer avec elle, pour percer cette brume et faire entrer un peu de soleil dans la vie de Grace. Pour que justice soit faite. C’est presque moral comme désir, impossible de décrocher tant que les torts n’ont pas été rétablis, et l’orpheline et sa soeur, misent en sécurité.

    Je vous parle peu de l’histoire, je vous laisserai la découvrir. En résumé, nous suivons deux sœurs orphelines, dont une simple d’esprit, au destin miséreux qui tente de s’en sortir. Aux malheurs du quotidien viennent s’ajouter la perte du logement, une grossesse non désirée, la recherche d’un emploi, etc. Même si son déroulement est un peu convenu, on s’attache tant au parcours de l’héroïne, qu’on pardonne rapidement le manque de nuance qui aurait permis une intrigue plus difficile à démanteler.

    Un livre à découvrir, vraiment!

  • Robert Cormier, le coeur à vif

    Date: 2011.09.05 | Catégories: Adolescent, Amour, Policier-Enquête, Réaliste | Commentaires: 6

    C’est souvent l’été que ça m’arrive. Paf, je tombe amoureuse. Et pas qu’un peu. Je passe des heures amoureusement absorbées par la découverte de ce nouvel être exceptionnel qui fait battre mon cœur. De lui, je veux tout savoir, ou plutôt tout lire. Car je n’ai aucune curiosité pour les auteurs (oups, désolée), c’est pour leur œuvre que je me passionne.

    Étrangement, cet été, je n’ai fait aucune rencontre de ce genre. J’ai butiné à droite, à gauche. Savourant parfois de délicieux moments littéraires, mais je n’ai lu l’entièreté de l’œuvre disponible en bibliothèque d’aucun auteur, comme j’ai pu le faire par le passé pour Charlotte Gingras ou Thierry Lenain. C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler de mon coup de cœur de l’été 2010, Robert Cormier.

    Je vous avertis, c’est loin d’être des lectures d’été « traditionnelles »…. Et je n’ai pas lu son livre le plus connu:  La guerre des chocolats. J’ai été incapable de me plonger dedans, probablement parce qu’on me l’avait trop vanté.

    Après la première mort

    Brrr… À vous donner froid dans le dos. Un peu comme l’ensemble de son œuvre d’ailleurs. Dans une Amérique près de chez nous, 4 terroristes prennent un bus d’enfants très jeunes en otage. La narration se fait à 3 voix. D’abord Miro, le plus jeune des terroristes, qui veut faire ses preuves et épater son « maître » qui lui fait aussi office de père de remplacement. Kate, la jeune conductrice du bus, une adolescente qui remplace ce matin-là et ne se sent pas du tout l’étoffe d’une héroïne. Et finalement, Ben. Le fils de l’agent américain responsable de la mission de sauvetage du bus. Car les Américains n’ont pas l’habitude de négocier.

    Pas de parti pris (ça a été écrit en 1979). On nous présente les deux côtés de la médaille dans ce huis clos de 24h. Ce qui a poussé le jeune terroriste à ce gâchis et ce qui motive un père-soldat à « sacrifier » son fils pour le bien de la mission. Et c’est dur, car les victimes sont de jeunes enfants et une adolescente ordinaire. C’est un peu nos enfants et leur gardienne. C’est beaucoup notre impuissance devant ce qu’on ne peut (vraiment?) pas prévoir.

     

    La balle est dans ton camp

    Ici, c’est la perversion à l’état pur qui est mise en scène. Le besoin cruel de tuer l’innocence dans ce qu’elle incarne de plus vulnérable. Le frère d’Henry est mort et sa famille a déménagé. Pour se distraire, l’enfant prend un emploi de commis chez l’épicier du coin. Un homme cruel qu’il soupçonne de maltraiter sa fille. En même temps, il se lie d’amitié avec un vieil homme fragile qui a survécu au nazisme et qui recrée en miniature son village d’avant la guerre. Henry rêve d’acheter une pierre tombale pour son frère – ils n’en ont pas les moyens. Son père est malade, sa mère ne gagne pas assez. Son patron le sait. Il propose alors un sournois marché à Henry: s’il détruit le village du vieil homme, il fera poser la pierre tombale pour son frère et trouvera un meilleur emploi à sa mère. S’il refuse, il perd son emploi. Que choisira l’enfant qui veut honorer son frère et rendre le sourire à cette mère qui a vécu tant de misère? Il faudra le lire pour le découvrir, mais comme dans tout les Robert Cormier, un revirement inattendu vient nous prendre aux tripes.

     

    En pleine nuit

    Un livre sur le pardon. Celui qu’on s’accorde – ou qu’on ne s’accorde pas. Celui qu’on aimerait qu’on nous accorde. Celui qu’on n’attend plus. C’est aussi un livre sur ces brèves secondes qui peuvent chambouler le cour de notre existence. À tous.

    Chaque année, à la veille d’Halloween, le père de Denny reçoit des menaces appels téléphoniques qui le bouleverse. Malgré les déménagements. L’adolescent n’a pas le droit de répondre au téléphone, et pourtant un jour il le fait. Et commence alors un long dialogue, où il découvrira l’histoire cachée de son père. À son âge, il était portier dans un cinéma. Celui-ci a brûlé le jour d’Halloween, alors qu’il était plein d’enfants. Cette voix qui l’appelle, l’obsède. Il a rendez-vous avec elle presque tous les jours, s’en veut s’il la manque. Maintenant, elle appelle pour lui. C’est qu’elle veut se venger, atteindre le père à travers le fils. C’est un livre sur la haine et sur comment elle peut gâcher une vie. C’est un livre sur l’obsession qui tue. Sur la vengeance qui n’a plus de fin. Sur l’impossibilité d’accepter que parfois, ce n’est la faute de personne. Sur le besoin de trouver un coupable – et de le punir.

     

    De la tendresse

    Troublant. Très troublant ce livre. On y suit une adolescente – une enfant dans un corps de femme. Elle croise Éric, un tueur remis en liberté que la police n’arrive pas vraiment à coincer. Elle n’est pas son type, il ne s’attaquera pas à elle. Et elle, même si elle sait, elle s’accroche et l’accepte comme il est. Prête à l’aider à assouvir son besoin de tuer même. On suit donc ce drôle de couple qui n’en est pas un, alors qu’Éric tente de planifier un meurtre sans se faire prendre et que la police le suit à la trace. Et l’on n’arrive pas à comprendre la présence obstinée de Lori à ses côtés. Pourquoi le suit-elle? Il ne veut pas d’elle en plus! C’est l’appel d’une sorte de tendresse j’imagine… Pour ceux qui aiment les thrillers psychologiques policiers. Car plusieurs facettes de l’âme humaine y sont révélées.

     

    Les héros

    Le narrateur, Francis, revient de la Seconde Guerre mondiale atrocement mutilée au visage. Il le cache constamment avec un foulard. Il est parti volontairement à cette guerre qu’il était trop jeune pour affronter – il a falsifié ses papiers. C’était pour oublier, ou pour mourir. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. Il se rappelle cette nuit où celui en qui il avait le plus confiance l’a trahie, comme il a trahi toute la ville, et particulièrement la jeune amoureuse de Francis. Il est revenu chez lui pour se venger. Pour la venger. Pour poser le geste qu’il n’a pas osé poser cette nuit-là et qui a brisé deux vies, celle de Nicole et la sienne. Pour arrêter Larry aujourd’hui, alors qu’il aurait dû le faire à ce moment-là. C’est une histoire d’innocence brisée, malmenée, déchirée. Une histoire d’enfants trahies. Le titre « Les héros » fait ici référence aux décorations reçues par Larry, le salaud, qui est aussi allé à la guerre et y a été décoré. Et à celle de Francis, qu’il ne se sent pas en droit d’accepter, car il n’a pas su être un héros au bon moment, bien avant son départ pour la guerre.

     

    À la brocante du cœur

    Je déteste ce livre. J’aurais voulu qu’il n’existe jamais. Qu’il n’ouvre en moi ce doute sur la bonté intrinsèque de l’être humain – je suis une grande naïve. Sur la société qu’on a construite et qui nous protège des injustices. Sur le système qui nous encadre et qui semble dérailler parfois… Je l’ai détesté, mais ai été incapable de le déposer. Je n’en dis que deux mots, sans quoi j’en ai encore pour des semaines à me triturer le cœur. C’est l’histoire d’un détective qui a la réputation de faire avouer tous les coupables. C’est l’histoire d’une enfant retrouvée morte. C’est l’histoire de l’interrogatoire mené au principal suspect, un garçon de douze ans qui aimait regarder la jeune fille de 7 ans faire des casses-têtes. C’est l’histoire d’un marché, car on a besoin d’un coupable, et vite, pour calmer la populace. C’est une histoire dégoûtante qui nous dégoûte de l’homme.

     

    Vous vous en doutez maintenant, Robert Cormier est vraiment un très grand auteur, décédé malheureusement. Je connais peu la littérature américaine pour la jeunesse, mais je crois reconnaître en lui l’inspiration qui a sans doute nourri le talent de Martine Pouchain qui nous a donnée l’excellent La ballade de Sean Hopper et celui d’Anne Cassidy à qui on doit L’affaire Jennifer Jones. Ses récits sont construits brillamment, sa narration est toujours multiple et recherchée. Ses personnages ont toujours ce petit « twist » qui nous déstabilise face à la nature humaine. Nous fait reculer dans notre chaise et s’arrêter un peu. Et il ne nous prend pas pour des cons (oups, encore une fois désolée, ça doit être l’été), ne nous sert pas du prêt-à-penser. Il nous fait réfléchir subtilement, alors qu’on ne lui en prête même pas l’intention. Et surtout, attention, tenez-le vous pour dit, si vous plongez dans une de ses lectures, vous en avez pour quelques nuits blanches un livre à la main.

     

     

     

  • Lectures d’été, romans pour ados et jeunes adultes

    Date: 2011.06.27 | Catégories: Adolescent, Amour, Dystopie, Policier-Enquête, Réaliste, Science-fiction | Commentaires: 2

    Et bien, on dirait que l’été s’est finalement confortablement installé. C’est le temps de mon pèlerinage annuel du côté de l’art actuel québécois. Surpris? Avant de m’enivrer de littérature jeunesse, j’ai travaillé plusieurs années dans ce milieu. Chaque été depuis plus de dix ans, je rédige des dossiers sur les artistes qui exposeront dans un des meilleurs et plus avant-gardistes centres d’exposition en art actuel, soit Plein sud (allez, un peu de pub pour eux!). Ceci sera donc officiellement mon dernier article de l’été (à moins qu’une irrépressible envie de vous faire partager une découverte ne me pousse à écrire).

    Comme vous allez sans doute faire provision de livres avant de partir en vacances, je me suis dit qu’une petite liste était de mise. Voici donc, en vrac, des romans que je vous invite à lire cet été.

     

    Le roman réaliste de type coup de poing

    Ma vie ne sait pas nager, Élaine Turgeon

    Comme une peau de chagrin, Sonia Sarfati (sur l’anorexie)

    Pourquoi?, Moka

    Le ciel tombe à côté, Marie-Francine Hébert (sur l’abus sexuel)

    La fille du canal, Thierry Lenain (même sujet)

    L’arbre tombé, Hélène Vachon

    Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zenatti

    Tout Robert Cormier, particulièrement À la brocante du cœur

    Guerres, Charlotte Gingras

    Le temps des mots à voix basse, Anne-Lise Grobéty

    H.B., Thierry Lenain

    La fille d’en face, Linda Amyot

    La ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain

     

    Science-fiction

    Jenna Fox, pour toujours, Mary E. Pearson

    Hunger Games et autres titres de l’article

    Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

    Le passeur, Loïs Lowry

     

    Policier

    Peine maximale, Anne Vantal

    L’affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy

    La fille en cuir, Raymond Plante

    Délit de fuite, Norah McClintock

     

    Pour voyager dans les livres

    Vango, Timothée de Fombelle (Pour faire du Zeppelin et visiter l’Europe à l’aube de la 2e guerre)

    Tobie Lolness 1 et 2, Timothée de Fombelle

    Tout Michel Noël (Pour un voyage dans le grand nord)

    La disparition, Charlotte Gingras (Même raison)

    Les trois lieues, Sylvie Desrosiers (Même raison)

     

    Histoires d’amour

    Cassiopée, Michèle Marineau (Un classique de mon adolescence)

    Marie-Lune, Dominique Demers (Un autre)

    Ève Paradis, Reynald Cantin (le dernier de ma trilogie des classiques)

    Ophélie, Charlotte Gingras (Il deviendra un classique pour les ados de la présente génération)

    Entre chiens et loups, Malorie Blackman (ainsi que les tomes suivants)

     

    Et vous, des livres à me suggérer cet été?

    Bon été et je reviendrai de manière régulière en septembre.

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