Archives pour la catégorie ‘Aventure’

  • Timothée de mon coeur

    Date: 2011.09.27 | Catégories: Adolescent, Amour, Aventure, Écologique | Commentaires: 2

    Je sais, j’ai déjà affirmé ne pas être une groupie des auteurs. Et bien, il y a quelques exceptions. Et comble de chance, l’une d’elle sera présente au Québec à la mi-octobre et son livre, que j’attends, depuis des lustres il me semble, sortira enfin le7 octobre en librairie (confirmé par Gallimard)! Et j’ai nommé:

    Timothée de Fombelle

    Déjà, avec un nom pareil, il y a de quoi rêver. Mais ses livres font bien plus que cela, ils nous transportent dans des univers qui nous habitent ensuite pour la vie. Et je n’exagère pas du tout, parlez-en à ceux qui ont lu Tobie Lolness ou le plus récent Vango (dont j’attends le tome 2). Les arbres sont devenus pour nous des microcosmes sociaux où se trament des luttes de pouvoir, et de nouveaux chemins se dessinent sur la carte géopolitique de l’entre-deux guerre en Europe. Ce n’est pas un auteur qui nous habite, c’est un auteur qui nous fait habiter ses livres et teintes ainsi notre perception du monde et de son histoire une fois la dernière phrase du livre terminée.

    Tobie Lolness

    J’ai un attachement particulier à ce livre. J’ai lu le premier tome juste avant d’accoucher de mon premier enfant, et le deuxième juste avant de retourner au travail, un an plus tard. Comme le papa de Tobie, j’appelais mon fils à naître “mon petit limaçon”.

    Tobie Lolness, c’est l’histoire d’un arbre et de ses habitants. De minuscules êtres de plus ou moins 1 ◊ mm. D’une société organisée, où les plus riches vivent dans les cimes, et où les plus pauvres et les rejetés sont refoulés dans les basses branches. Bien sûr, l’ensemble est dirigé par un promoteur d’influence qui règne en maître et construit, sans considération, des routes au creux de l’arbre (ça vous fait penser à une société en particulier?). Le papa de Tobie est un savant qui tente de mettre en garde la population contre les dangers de creuser l’arbre. Il avance que celui-ci est vivant, ce pour quoi on le prend pour un fou, et qu’il faut en prendre soin. Lorsqu’il invente une “machine” qui donne vie à un chien en bois, il refuse d’en donner la formule, car elle contient de la sève de l’Arbre et que si on commence à la piller, l’arbre mourra. Le savant et sa famille sont donc capturés et emprisonnés, mais Tobie réussit à s’enfuir. C’est sa fuite qui est racontée dans le premier tome: La vie suspendue. Ce livre magnifique est un condensé de notre monde, de notre société. À la fois critique sociale et politique, critique de la nature de l’homme aussi, fable écologique, roman d’aventures et roman fantastique, c’est une oeuvre magistrale à côté de laquelle vous ne pouvez pas vous permettre de passer.

    Ai-je vraiment besoin de vous parler du tome 2, Le yeux d’Elisha? Une fois que vous aurez lu le premier, vous ne pourrez vous empêcher de plonger dans le second tome. L’arbre est en péril, un tyran règne en maître sur le peuple et la résistance s’organise, à laquelle Tobie ne manquera pas de participer. On y fait aussi la connaissance du peuple Pelé, qui vit sur le sol au pied de l’arbre. Peuple mythique pour celui de l’arbre, on le craint et lui prête des intentions barbares. Ici, on plonge encore davantage dans nos travers sociaux, racisme, despotisme, voire cruauté. C’est à une véritable révolution qu’on est conviée, et l’on vit chaque événement qui la précède: mesures de guerre et déserteur. Gens qui se cachent et prisonniers politiques.

     

     

    Vango

    Ce fut un des premiers livres que j’ai achetés lors de mon retour au travail, après mon deuxième enfant. J’en ai acheté 3 et ma technicienne m’a regardée d’un drôle d’oeil. Je savais que ça allait être génial. Et effectivement, je me rappelle m’être levée au milieu de la nuit pour poursuivre ma lecture!

    Je vous avertis, c’est un livre essoufflant. On en ressort ébouriffé, haletant et vidé. Comme au bout d’une longue course, on a ensuite besoin de reprendre son souffle. C’est l’histoire d’un adolescent perdu qui se cherche dans les multiples facettes de sa vie tourmentée. Élevé sur une île sicilienne par une femme qui n’est pas sa mère, caché ensuite dans un monastère invisible avant d’être envoyé à Paris où il devient presque prêtre, Évangélisto court dès les premières pages et ne cesse pas tout au long du livre. Plusieurs intrigues se croisent autour de ce jeune homme et l’on se promène d’une époque à l’autre. Ami d’un commandant de zeppelin allemand antinazi, amoureux d’une riche héritière écossaise, protégé de moines qui n’existent pas officiellement, recherché par Staline sans qu’on sache pourquoi, ce casse-tête enlevant nous promène d’un bout à l’autre de l’Europe et le tome 2 risque fort de nous faire traverser l’atlantique.

    Les personnages secondaires sont savoureux et on les adopte aussi librement que nous le faisons pour Vango. La belle Ethel, libre et fonceuse dans sa voiture de l’entre-deux guerre. Le commandant et son Zeppelin. L’inspecteur parisien. Le moine mystérieux au passé douloureux. La “taupe”, enfant des hauteurs incapables de rester à l’intérieur, abandonnée à elle-même par des parents riches et absents. Celle qui a élevé Vango comme son fils et lui a sauvé la vie alors qu’il marchait à peine. Et la Deuxième Guerre qui se prépare alors que l’intrigue semble nous mener tout droit à des événements qui se sont passés durant la première. Écrire posément sur le sujet m’est impossible, mes idées se bousculent et s’enflamment. Je ne suis définitivement pas faite pour écrire des résumés chez SDM ;0) Lancez-vous dans l’aventure Vango sans hésitation, mais de préférence un vendredi soir. Sinon, je vous avertis, prévoyez manquer le boulot ou rentrer cerné par une nuit blanche.

    Céleste ma planète

    Celui-ci, moins connu et beaucoup moins volumineux, je ne vous en parle pas. Je l’ai beaucoup aimé, mais le réserve pour une thématique lors de la journée de la terre. Je ne peux pas vous donner tous mes meilleurs titres en même temps.

    Bonne lecture! Et si l’on se croise à un des événements entourant la venu de Timothée de Fombelle au Québec, à la librairie Gallimard ou à la Grande-Bibliothèque, n’hésitez pas à venir me parler de vos coups de coeur, je cherche toujours de bons livres à me mettre sous la dent.

  • Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux

    Date: 2011.09.12 | Catégories: Adolescent, Amour, Aventure, Dystopie, Pour aller plus loin, Réaliste, Science-fiction | Commentaires: 5

    Je ne crois pas vous avoir parlé ici du livre-choc Les larmes de l’assassin d’Anne-Laure Bondoux, que j’ai lue il y a déjà quelque temps (années?) à la suggestion de Pascale Grenier lors d’une formation au CQRLJ. C’est vraiment un livre troublant sur la dualité présente en chaque homme. Sur le bien et le mal qui habite tout un chacun, sans n’être jamais en pourcentage égal. En une phrase : c’est l’histoire d’un enfant qui, habitant seul avec ses parents à l’extrémité du monde, est recueilli par l’assassin de ses derniers, qui l’élève comme son propre fils. Vraiment, je vous le suggère.

    Je suis revenue à cette auteure cet été via le site de Sophielit, alors qu’elle recevait en entrevue une dame que j’ai moi-même reçue en bibliothèque en 2006 et de qui je garde un très bon souvenir, Louise Lespérance. Puit sans fin de suggestions de lecture pour les jeunes, elle m’avait laissé plusieurs bibliographies par genre qui m’ont été très utiles à mes premières armes. Donc, lorsque j’ai vu qu’elle donnait le titre Le temps des miracles d’Anne-Laure Bondoux comme son livre le plus marquant de l’année dernière, je l’ai immédiatement réservé.

    D’elle, j’ai lu 4 titres. Les larmes de l’assassin, un drame psychologique poignant et déroutant. Le destin de Linus Hoppe, une œuvre d’anticipation. La Princetta et le Capitaine, un pur roman d’aventures. Et Le temps des miracles, un drame réaliste, un récit de vie en temps de guerre. Et dans tous ces genres, je l’ai trouvé excellente. C’est peu dire.

    J’aurais envie de m’étendre un peu sur La Princetta et le Capitaine, car je ne suis vraiment pas une fan du roman d’aventures en général. Mais celui-ci, wow! J’ai totalement embarqué dans son univers marin, me suis laissée émouvoir par cette douce histoire d’amour (inévitable au roman d’aventures) et rêve depuis d’aventure épique (quoique travailler à temps plein et élever trois enfants d’âge préscolaire comporte son lot d’aventures) dans les steppes arides. Pour les bons lecteurs de romans d’aventures, je n’hésiterai pas à le conseiller. D’autant plus qu’elle y mêle un peu de fantastique et s’inspire visiblement du voyage d’Ulysse. Et la couverture est magnifique sur l’édition de 2004, réalisée par nulle autre que Rebecca Dautremer!

     

    Mais revenons au magnifique Le temps des miracles, sujet de cet article après tout. Koumail arrive en France à 12 ans. Il ne parle pas français, mais son vrai nom est Blaise Fortune. Il a grandi dans le Caucase, mais possède un passeport français. Il a traversé l’Europe aidé par Gloria, celle qui l’a recueilli bébé, afin de rentrer dans son pays natal. Afin d’y avoir une vie meilleure, à l’abri de la guerre. Et à l’abri de bien d’autres choses liées à son passé, mais ça, il ne le sait pas encore.

    Gloria Bohème, qui l’a élevé et trimballé toute son enfance, ne lui a pas tout dit. Pour le préserver, pour le faire rêver. Et c’est avec art qu’à travers la voix de cette Gloria Bohème, l’auteure nous fait rêver. Nous racontant la guerre et les pays de l’Est. Les gitans et la survivance. L’errance. Car le meilleur remède au désespoir, quand il devient impossible de se faire croire que ce sont les pieds d’un autre qui sont douloureux et non les siens, que c’est l’estomac d’un autre qui crie famine, c’est encore l’espoir.

    C’est à travers les histoires qu’elle raconte qu’elle donne espoir à Koumail. À travers son histoire qu’elle lui conte sans cesse: la famille de Gloria, le verger de son père, ZemZem, son amoureux mythique, le déraillement du train, sa mère qui aurait survécu, mais serait disparue. Et l’espoir, Koumail, même lorsqu’il est véritablement devenu Blaise, un petit français bien en règle, il ne l’a jamais perdu. L’espoir de retrouver celle qui l’a aimé comme une mère et qui l’a abandonné dans ce camion de bétail. Gloria Bohème, qu’il retrouvera longtemps après et se trouvera ainsi lui-même. Après tout, Koumail ne veut-il pas dire universel en arabe. Un excellent livre qu’on a de la difficulté à poser – et oui, un autre!

    Et vous, avez-vous d’autres titres à me suggérer? Je suis toujours à la recherche de ces livres qui laissent une trace indélébile sur l’hémisphère droit de mon cerveau.

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