• Quelques minutes après minuit, Patrick Ness

    Date: 2013.02.06 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Réaliste, Roman | Tags: ,,,

    Ça fait longtemps que je n’avais pas écrit, pas ressenti le besoin impératif de parler d’un livre. J’avais besoin d’un choc, je crois…

    Quelques minutes après minuit, Patrick Ness

    Est-ce parce que je suis à nouveau maman, mais plus intensément que jamais peut-être, parce que c’est la dernière fois, que cette histoire me bouleverse à ce point? Je ne pense pas. Parce qu’il m’est arrivée cette histoire, comme à plusieurs d’entre vous sûrement, il y a longtemps déjà? Non.  L’oeuvre en soi est puissante. Universelle. Nous avons tous un monstre qu’on appelle à l’aide à la fin. Lorsque même tout l’amour du monde n’y tient plus.

    « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher? »

    C’est l’histoire de Conor, un adolescent dont le père est parti vivre loin, de sa mère, qui lutte contre un cancer, et d’un arbre monstrueux qui le visite. Il vient la nuit, à 12h07, pour lui raconter des histoires. Tout le monde aime se faire raconter des histoires, mais les siennes se terminent bien différemment de ce à quoi on s’attendrait. À la fin, c’est Conor qui devra lui raconter la sienne. Son histoire, sa vérité, celle du cauchemar qui le hante depuis le début de la maladie.

    C’est aussi une histoire d’intimidation et de résistance, d’amour et de haine, d’amitié et de rejet, de vérité et de mensonge. C’est une histoire qui fait mal à lire parce qu’on est juste humain et que c’est dur de n’être que cela. Je n’en dirai pas plus sur le contenu, allez le lire. Vraiment. C’est magnifique. Et très bien écrit en plus. Une écriture enveloppante, qui nous brusque et nous réconforte à la fois. Poétique et brutale.

    L’objet-livre

    Le contenant aussi, est magnifique. Le roman est remarquablement illustré par Jim Kay. En noir et blanc, avec un trait puissant où l’on sent toute l’agressivité de l’enfant. Les dessins rajoutent à l’ambiance ténébreuse de l’ensemble et nous aide particulièrement à cerner ce personnage de monstre-arbre tout en nuance. J’achète rarement un livre, mais j’achèterais celui-ci pour prendre le temps de contempler les illustrations, tout comme je l’avais fait pour Ophélie de Charlotte Gingras.