• Le faire ou mourir, Claire-Lise Marguier

    Date: 2012.04.26 | Catégories: Adolescent, Amour, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Réaliste, Roman | Tags: ,,,

    J’ai emprunté ce livre tout à fait au hasard, parce qu’il fait partie d’une collection que j’aime bien: doado, aux Éditions du Rouergue. On y retrouve souvent des textes courts et « punchés » sur des sujets sensibles chez les ados. Ici, on traite tout à la fois de marginalité et d’intimidation, d’homosexualité, d’automutilation, de rivalité fraternelle, de père castrant et de mère soumise, et de ces petits gestes qui peuvent parfois changer le cours d’une vie.

    Emballée!

    Damien a toujours subi de l’intimidation. Parce qu’il est grand et maigre, parce qu’il pleure quand ses bourreaux l’attaquent et qu’il ne riposte pas. Il n’a jamais vraiment eu d’amis avant qu’il ne change d’école et rencontre Samy et sa bande. Tout en noir et en piercing, ils impressionnent même les skateurs. Damien se lie immédiatement avec eux, se sent bien en leur présence, est fasciné par la liberté avec laquelle ses amis se touchent, se caressent les cheveux, se prennent par la taille. Lui qui a une telle carence des contacts physiques!

    Il adopte leur look gothique, se met à traîner avec eux, ce qui ne plaît pas du tout à son père. En laissant passer une blague suggérant qu’il serait homosexuel, Damien sème le doute dans son entourage. Le paternel explose, interdiction de voir Samy et sa bande. Damien se soumet, comme toujours, et c’est sur lui qu’il passe sa rage. Une lame entre les doigts, il s’entaille profondément la cuisse. Ça lui fait du bien, sa souffrance morale s’écoule avec son sang.

    Mais viens un moment où l’engrenage semble impossible à arrêter. Damien ne peut plus vivre sans Samy, mais son père refuse cette idée. Et la bande des skateurs revient dans le décor. Et sa soeur parfaite qui n’en rate pas une. Et sa mère qui ne dit rien… Ça devait exploser, tôt ou tard.

    Sceptique?

    Comment cette histoire pouvait-elle bien finir? Dès le départ, j’ai pensé au suicide, bien sûr. Trop facile. L’auteure s’est ici donnée du fil à retordre. Je ne suis pas encore certaine que les chemins qu’elle fait prendre à son histoire tiennent la route, mais ils ont au moins le mérite de faire prendre conscience aux adolescents du pouvoir qu’ils ont sur leur destin. Qu’il suffit parfois d’un seul petit événement et de comment on y réagit pour que l’histoire dérape… ou se transforme en conte de fées.

    J’en sors perplexe, et vous? C’est tout de même un texte court et rythmé qui nous accroche et duquel on a du mal à décrocher….