• La trêve de Noël, Michael Morpurgo

    Date: 2011.12.06 | Catégories: Album, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Roman enfant | Tags: ,,,

    Je me dis depuis longtemps déjà qu’il faudrait bien que je trouve le moyen de vous parler de Michael Morpurgo, dans l’éventualité où vous ne l’ayez jamais croisé sur les rayons de votre bibliothèque. C’est un auteur majeur, du calibre d’un Robert Cormier (dont je vous ai parlé ici), mais dans un style totalement différent. Le Royaume de Kensuké, Soldat Peaceful pour les plus vieux; Toro! Toro! ou L’ours qui ne voulait pas danser pour les plus jeunes. C’est finalement via son très beau livre La trêve de Noël que j’y arrive.

    La trêve de Noël, Michael Morpurgo
    Nous savons tous qu’elle a eu lieu, cette nuit mythique de 1914 où des soldats ennemis, en pleine Première guerre, ont arrêté les hostilités. Ici, l’histoire est romancée, avec pudeur, dans un récit sobre et magnifiquement illustré.

    Nous sommes la veille de Noël, un homme entreprend de restaurer un vieux secrétaire qu’il a acheté chez un brocanteur. Il est mal en point, abîmé par l’eau et le feu. Le dernier tiroir résiste, c’est qu’il cache, on s’en doute, un fragile secret. Une toute petite boîte en métal sur laquelle une étiquette mentionne “ Dernière lettre de Jim, reçue le 25 janvier 1915. Le moment venu, l’enterrer avec moi.”. L’homme est curieux, ne le serions-nous pas tous, et lis la lettre adressée à Mme Jim Macpherson. C’est dans celle-ci qu’on retrouve le récit de la fameuse trêve de Noël. Racontée sans envolée lyrique, par un soldat au fond d’une tranchée, cette nuit n’en devient que plus magique dans l’imagination du lecteur. Les ennemis ont mangé, bus et bavardé ensemble toute la nuit. Ils ont joué au foot, ont chanté. Ils ont évoqué leurs familles et le désir de chaque soldat, peu importe son origine, de terminer cette guerre et de rentrer chez lui. Un moment de paix et de bonne volonté, comme l’écrit le soldat. Il écrit aussi sa certitude qu’ils seront ensemble au Noël prochain…

    L’homme décide de retrouver la dame à qui était adressée la lettre et y arrive sans trop de peine. En voyant l’homme approché et lui tendre la lettre, les yeux de la centenaire se remplissent de larmes: “Tu m’avais promis de rentrer pour Noël mon chéri. Et te voilà, mon plus beau cadeau de Noël. Approche, mon cher Jim, assieds-toi.” Elle confond, bien sûr… Vraiment? L’illustration suivante nous montre pourtant un soldat vaporeux dans le bleu d’une nuit étoilée, une lettre à la main. On dirait qu’effectivement, il est enfin revenu.

    Une belle histoire, toute simple, très courte. Un petit objet-livre à mi-chemin entre l’album et le premier roman. Un outil puissant pour amorcer une discussion avec nos jeunes sur la guerre, mais surtout sur la paix. À ne pas cacher dans le dernier tiroir d’un secrétaire…