• La fin de la déprime, vive les tout-cartons!

    Date: 2011.11.15 | Catégories: Album, La maman aime, Pour rigoler, Vie de tous les jours | Tags: ,

    Dites-moi que ça vous arrive aussi? Habituellement, je suis une lectrice boulimique. Toujours, un, deux ou trois livres de commencés. Et je me permets d’arrêter ma lecture si l’ennui me prend ou si je dois me forcer pour continuer un livre. Mais au cours des dernières semaines, j’ai vécu quelque chose de particulièrement troublant : une déprime littéraire.

    La déprime post-Vango
    Je vous ai déjà parlé ici de l’amour que je voue à ce personnage entré dans ma vie il y a un peu plus d’un an. J’attendais avec impatience la sortie du tome 2. Jamais je ne m’attendais à ce coup de couteau littéraire dans le dos. Je m’étais pourtant préparée, lisant à petite dose la suite des aventures de mon héros. J’étirais la sauce, m’obligeais cette fois à lire d’autres livres (particulièrement des livres sur la grossesse et la maternité, car je suis enceinte de mon quatrième enfant et j’ai tendance à l’oublier). Mais il a bien fallu lire ce dernier chapitre, si intense, où tout se boucle. C’est à une scène digne d’un vaudeville que nous convie la finale du dyptique alors que tous ces destins, qui se croisent depuis le début du premier tome, trouvent enfin leur dénouement. J’en suis sortie estomaquée, vidée, épuisée. Et après avoir vécu une aventure aussi passionnante… je suis tombée en dépression littéraire.

    J’ai d’abord emprunté une quinzaine de titres, tous vivement recommandés par des sources plus que fiables. J’en ai commencé la moitié, et même si c’était visiblement de très bon bouquin, je n’ai accroché à aucun. La déprime. Sérieuse. Grave. Douloureuse. Je ne m’ennuyais pas de Vango précisément, mais de l’intensité qu’il m’avait fait vivre. Comme une amoureuse déchue qui s’ennuie de l’amour.

    J’ai passé par toutes les étapes du deuil. Le déni (ben voyons, il n’était pas si extraordinaire que ça!), puis la colère (bordel, il n’existe quand même pas qu’un héros dans l’univers pour me faire vibrer) et enfin l’acceptation (c’est fini pour moi, autant lire La comtesse de Ségur ou Anne la maison aux pignons verts, je ne les ai jamais lus après tout). C’est alors que…

    Les tout-cartons à la Librairie Monet
    Que fait une fille en peine d’amour? Elle s’achète des vêtements. Que fait une bibliothécaire en peine littéraire? Elle achète des livres. Et c’est encore mieux, parce que ce n’est pas mon portefeuille qui en souffre. J’avais beaucoup d’argent à dépenser, un moral à remonter et une collection de tout-cartons à rafraîchir!

    J’ai passé l’après-midi au septième ciel. Pas de livres gnagnas sur les contraires, les animaux de la ferme, les parties du corps ou les types de vêtements. Non, des tout-cartons qui respectent l’intelligence de nos poupons, qui ont le droit d’être nourrit avec autre chose que des petits pot Gerber livresque! Et lorsque j’ai reçu la dizaine de boîtes de livres à la bibliothèque cette semaine, et bien c’était encore mieux que Noël!

    Je vous donne en vrac quelques coups de coeur issuent de ces boîtes, autres que ceux présentés ici et ici:

    La série Fais pas…. et  Fais-toi…, de Christian Guibbaud, Chez Milan jeunesse
    Dans le genre des livres à rabats, ces titres sont parmi mes préférés. Chaque titre reprend le même principe: la page de gauche demande au petit lecteur de poser une action sur la page de droite, et de soulever le volet par la suite. À noter que les illustrations aux couleurs vives plaisent particulièrement aux enfants, et à leurs parents!

    Dans Fais pas le clown, les enfants découvrent les personnages des contes, classiques ou autres, dans de drôle de situation. Ainsi, l’enfant doit frotter une lampe magique d’où sortira un génie, souffler sur les habits d’une drôle de grand-mère, qui cache en vérité le grand méchant loup, chatouiller un monsieur muscle, qui reçoit son haltère sur la tête quand il se met à se bidonner… Dans Fais pas le singe, c’est le même principe, mais avec des animaux. Ainsi, le petit lecteur doit tirer la langue à un singe, qui le lui rend bien sous le volet, tendre les doigts à un mignon petit poisson, qui s’avère être un piranha, etc.

    Fais-toi rire présente également principalement des animaux qui subissent les actions de l’enfant. Le chameau devient dromadaire suite à une petite tape sur sa bosse, le zèbre perd ses rayures, le poussin sort de sa coquille, etc. Mon préféré reste par contre Fais-toi peur. “Abracadabra, ce balai n’est pas à toi” et le balai et la sorcière se changent en carotte. “Souffle les bougies du fantôme…” et le pauvre petit à peur du noir. “Tire la langue au dragon” et il nous enflamme. Adorable et très rigolo, j’adore les lire avec mes enfants. Ils impliquent un véritable dialogue entre le lecteur et le livre, rendant la lecture très dynamique. À avoir absolument à la maison!

    Et dedans il y a… et Et après, il y aura…, Jeanne Ashbé, Pastel
    Vous connaissez déjà le culte que je voue à cette auteure pour les tout-petits. Ces deux titres, que je ne connaissais pas, m’ont charmée. Ma bibliothèque est située dans un quartier très prisé par les jeunes familles. On me demande presque quotidiennement des livres pour préparer grand frère ou grande soeur à la venue de bébé. J’ai mes classiques (le réaliste Il y a une maison dans ma maman ou le rigolo Maman va exploser), mais ces deux petits formats sont particulièrement séduisants.

    Et dedans il y a… est divisé en trois mini-chapitres, tout comme la suite. Chaque chapitre comprend trois pages, donc trois volets à ouvrir nous révélant ce que contiennent les objets sur le dessus du volet. Ainsi, le chapitre un présente des choses qu’on peut ouvrir pour en découvrir le contenu “Qu’y a-t-il dans la valise?” “Mon pyjama, mes chaussettes et ma chemise”. Quant au chapitre deux, ce sont des choses qu’on est mieux de ne pas ouvrir “Qu’y a-t-il dans ton nounours?” “De l’ouate, de la paille et des petits crochets”. Finalement, le chapitre trois présente le ventre de maman lorsque s’annonce un nouveau bébé. On ne peut pas l’ouvrir, mais en soulevant le volet, l’enfant voit le bébé grandir en trois étapes. Et la dernière image présente le grand frère tenant le bébé finalement sorti!

    Et après, il y aura… dans celui-ci, le chapitre un présente des éléments du quotidien de l’enfant dont il peut prévoir la suite: “Après le jour” “Vient la nuit”. Le chapitre deux présente des situations qui comportent parfois une surprise “ Après la tour” “Tout s’écroule, boum”. Finalement, le troisième présente des situations qui vont changer une fois bébé arrivé, et d’autres qui resteront les mêmes ”Il y aura les dodos du bébé, bien sûr, chuuut…” “Et après une longue histoire rien que pour toi!”. Et la dernière page fait un saut dans le temps avec l’illustration de deux enfants collés-collés devant un livre avec la mention “Et puis, encore après, encore après, il y aura deux grands amis!”.  Adorable et tout à fait à propos quand l’enfant à préparer à une naissance est encore tout petit.

    Les petits irrévérencieux
    J’adore la petite collection Tête de lard aux Éditions Thierry Magnier. Et ce titre de Voutch a été une découverte désopilante pour moi (si vous avez un enfant de +/- 3 ans à la maison, vous allez comprendre). Dans Pourquôôôâ, Papa grenouille dit à fiston que c’est l’heure d’aller faire dodo. Celui-ci réplique le classique “Pourquooôôââ?”. Et papa se lance “Parce qu’il fait nuit” et la série de “Pourquooôôââ?” s’enchaîne. “Parce que le soleil s’est couché…Parce qu’il était fatigué…” Et comme c’est une histoire version grenouille, et bien le soleil est fatigué/ d’avoir éclairé la cuisine du pâtissier toute la journée/ pour lui permettre d’attraper des mouches/ afin qu’il en fasse de la glace! Fiston grenouille réplique alors “Miam! Moi, j’adore les glaces à la mouche!” Papa prend alors le relais et lui lance un tonitruant “Pourquooôôââ?”. Un sérieux coup de coeur.

    Cou-ci Cou-ça, Anne Louchard, Mineditions
    Un petit dernier dans la catégorie des adorables. Dans ce livre, l’auteure pose, à la première page, la question très pratique ”Comment les girafes font-elles pour dormir avec ce cou interminable planté sur les épaules?”. Un clin d’oeil amusant à la longueur du dit cou est repris dans le format, car pour lire cette phrase, il faut soulever un rabat vertical qui prolonge l’illustration. S’en suit une série d’illustrations loufoques évoquant des possibilités: roulé en boule comme un chat, la tête posée sur une branche d’arbre, enroulé autour du cou d’une copine, avec deux oiseaux soutenant ses oreilles, etc”. Un autre rabat vertical à la dernière page nous donne la réponse en présentant la fameuse girafe la tête appuyée sur un nuage. Adorable. Et les illustrations dépouillées de cette simple girafe sur fond blanc dans les multiples positions qu’on lui attribue participent grandement au charme de l’ensemble.

    J’aurais aimé avoir le temps de vous parler de plusieurs autres découvertes, des grands formats de la série Lou et Mouf de Jeanne Ashbé (Lou a soif et Où est Mouf?), de Poil à gratter de Marie-Hélène Versini, de Pas rigolo! de Jean Leroy et de Le cri du hareng de Frédérique Loew. De Les p’tits noms aussi, une série de mots tendre à l’adresse de nos petits, de Sybille Delacroix, et de Cachons-nous dans les bois, de Léonard et Élisa. Mais bon, si vous m’avez lue jusqu’à la fin, vous avez déjà plusieurs titres sur votre liste de livres à emprunter à la bibliothèque. Et si vous voulez pleins de nouveau tout-cartons, c’est à la bibliothèque Le Prévost que vous les trouverez!