• À l’occasion de la semaine des bibliothèques publiques

    Date: 2011.10.17 | Catégories: Album, Développer son imaginaire, Pour aller plus loin, Pour un câlin, uncategorized, Vie de tous les jours | Tags: ,,

    Nous sommes présentement en pleine semaine des bibliothèques publiques. L’objectif, cette année, est de rejoindre le public masculin, souvent moins présent en bibliothèque. Si l’on adapte cette thématique à la section jeunesse, on peut aisément penser à plusieurs albums mettant en scène père et enfants. J’ai déjà donné plusieurs titres ici et ici, je vais aujourd’hui tenter de vous en trouver d’autres.

     

    Lian, Chen Jiang Hong

    J’aime beaucoup les albums de cet auteur d’origine chinoise, qui vit et travaille à Paris. Le magnifique Le Prince tigre est sans doute l’album que je recommande le plus pour les grands garçons (quoique ma petite Simone de presque 3 ans me le demande régulièrement), surtout quand c’est un papa qui me demande un titre. La puissance des illustrations, l’expression dramatique des personnages et l’histoire, évidemment, font de ce livre un classique qui ne se démodera jamais.

    Par ailleurs, c’est de Lian que j’ai choisi de vous parler aujourd’hui. Inspirée d’un conte chinois, cette très belle oeuvre raconte l’histoire d’un pêcheur qui, après avoir aidé une vieille femme à traverser la rivière, reçoit de celle-ci une graine de lotus magique de laquelle naîtra une petite fille. Celle-ci lui fournira tant de richesse que la fille du préfet, jalouse, détruit les biens de monsieur Lo et l’enlève. La petite fille vient à son secours, mais y perd ses pouvoirs magiques. Peu importe, l’homme voit en l’enfant inespéré le plus grand des trésors. Alliant aquarelle et encre de Chine, les illustrations nous plongent dans une époque et un pays lointain. C’est une invitation au voyage et à l’émerveillement. Sans compter la petite morale très à propos cette semaine!

     

    Décroche-moi la lune, Marie-Francine Hébert

    Vous connaissez sans doute un père comme celui de cette histoire, qui veut toujours tout donner à son fils. Mon amoureux est comme ça. Il suffit que mon petit roi Arthur s’intéresse à des légos et hop, j’en ai assez à la maison pour fournir une garderie. Il a aimé jouer 30 secondes à “Rush hour” chez le petit voisin, ça lui prend absolument ce jeu! Je le soupçonne par contre d’avoir autant de plaisir que notre fils avec ces jeux!

    Et bien Italo, le papa du petit Calvino (clin d’oeil), ne sait rien lui refuser. L’intérêt de l’enfant pour ses nouveaux joujoux est de bien courte durée et il tombe dans la lassitude jusqu’au jour où lui vient la lubie de demander à son papa “Décroche-moi la lune”. L’enfant ne veut rien entendre, son papa n’a qu’à grimper à l’arbre, ou sur la montagne. Il ne veut pas comprendre que la proximité de la lune n’est qu’une illusion. Il se rembrunit et devient taciturne. Jusqu’à cette nuit où son papa le sort du lit et lui donne une veste de sauvetage. Il l’amène alors près du lac en lui montrant fièrement la lune ronde. Le petit Calvino, qui aime son papa plus que tout, n’ose pas lui dire que c’est lui, maintenant, qui est victime d’une illusion, que ce n’est pas vraiment la lune, là, dans le lac. Ils embarquent donc dans la chaloupe et l’enfant pose ses petites mains sur celles de son père pour l’aider à ramer jusqu’à la lune.

     

    Jamais je ne t’oublierai, Robert Munsch

    On reste dans le touchant. Une petite fille demande à son papa, au milieu de la nuit, de la conduire au phare où son propre père le conduisait quand il était enfant. Père et fille traversent donc la ville endormie pour se rendre sur la côte brumeuse. En haut du phare, l’enfant lance une fleur qu’elle gardait précieusement depuis l’enterrement de son grand-père. Ici, nous sommes dans le non-dit. Tout se passe dans le geste du père qui comprend l’importance, pour sa fille, de se rendre dans ce lieu hautement symbolique à ce moment précis. Il est à l’écoute de son besoin, il est là pour elle. Comme un phare dans sa vie, pour la guider. Précieux.

     

    L’oiseau des sables, Dominique Demers

    Une autre jolie fable de Dominique Demers, illustrée par Stéphane Poulin. Ce duo nous a donné des classiques qu’on a toujours autant de plaisir à lire qu’à regarder: Anabelle et la bête, Vieux Thomas et la petite fée, et L’oiseau des sables. Les illustrations à l’huile de Poulin sont d’une grande qualité. La précision, la finesse, le réalisme, les contrastes, le clair-obscur: ses illustrations sont toutes de véritables oeuvres d’art où l’on sent l’influence des grands peintres de l’école flamande.

    L’oiseau des sables, parmi ces titres, me plait particulièrement. Pour la relation de tendresse et la leçon de vie. Un homme raconte à son fils que son père lui a confié cinq petits oiseaux de pierre provenant d’une fleur de sable. Chacun lui ayant donné droit à un voeu, il explique en quelles circonstances il les a utilisés. Sauf le dernier, qu’il a gardé pour son fils. On voit ainsi se dérouler la vie de cet homme, de son enfance à sa vie adulte, en passant par la mort de son père et la rencontre avec sa femme, la guerre aussi. Des moments d’intimités et de tendresse partagés. Il exprime comment aujourd’hui, il aurait aimé avoir gardé plus d’oiseaux pour son enfant.

     

    Je prescris la lecture de ces albums à tous les papas, collé-collé sur fiston ou fillette. Peu importe l’âge des petits et des grands, ravissement garanti!