• La Ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain

    Date: 2011.05.13 | Catégories: Adolescent, La bibliothécaire aime, Pour aller plus loin, Roman | Tags: ,,,

    Aujourd’hui, je vous révèle une de mes sources lorsque je suis à la recherche de nouveautés à lire: le blogue de la librairie Monet (Le délivré). La librairie publie un article mensuel faisant un retour sur les dernières parutions et les titres qui se démarquent. Quand je ne sais plus quoi lire, je me tourne vers leur blogue pour des idées et c’est là que je suis tombée sur Sean Hopper.

    La Ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est un livre dur. Très dur. À l’image de ce Sean Hopper qui semble être une brute dénuée de sentiments. Car la ballade dont il est question ici, c’est un double aller-retour de l’enfer au paradis. Et celui qui y va n’est pas le petit garçon d’une dizaine d’année qu’on voit sur la couverture mais bien un trentenaire dit « Le tueur », boucher-responsable de la mise à mort des troupeaux à l’abattoir. Et le garçon? C’est le narrateur et voisin, l’observateur externe qui nous raconte la ballade à travers ses yeux d’enfants, qui finalement comprennent davantage que les autres adultes de l’histoire et racontent infiniment bien.

    Sean Hopper est un homme dur qui ne parle pas. Allergique aux sentiments, à l’humanité en général et aux enfants en particulier. Tous le craignent dans le village. Pourtant, Bonnie l’aime et vit avec lui. En cachette, elle s’occupe de Bud, le petit narrateur, dont la grand-mère mourante (une indienne qui lui a appris à écouter la nature qui l’entoure et à en tirer mille usages) vit davantage dans le monde des esprits que dans celui de l’enfant. Mais un jour Bonnie part car Sean l’a frappé. Il boit trop et conduit saoul. Un accident va le changer au-dedans, mais de l’extérieur rien ni paraît alors tous continuent à le craindre. Et surtout, il en sort incapable de tuer, de faire son travail.

    Comment s’en sortir alors que ce qu’il voulait le plus était justement d’y rester? Le destin de Sean Hopper ne s’est pas accompli encore et des nœuds restent à être dénoués. Sous toute sa violence et sa haine viscérale des enfants se cachent des blessures profondes qui, sans justifier, expliquent. Je n’ai pas vu venir la fin, le dénouement, qui m’a rentré dedans sur un banc du Parc Lahaie à Montréal, par une des premières belles journées du printemps. Ruisselante de larmes, avec un bébé endormis dans sa poussette qui ne se doutait pas de toutes les émotions qui chamboulaient sa maman. Un livre puissant, doux-amer, qui laisse une petite aigreur au cœur.