• Le passeur, Lois Lowry

    Date: 2011.03.01 | Catégories: Adolescent, Dystopie, La bibliothécaire aime, Roman | Tags: ,,,,

    Je vous ai déjà parlé de mon intérêt pour les livres d’anticipation et de comment la vague m’a happée, mais, en vérité, j’avais déjà fait une petite incursion dans ce monde au début de ma carrière de bibliothécaire jeunesse à la ville de Montréal.

    Le passeur, Lois Lowry

    Je ne me rappelle plus exactement de la date, mais c’était à cette période où toutes en cœur nous « chialions » contre le tout nouveau Nelligan (catalogue des bibliothèques de la ville) et regrettions amèrement ce bon vieux Gulliver et ses fonctions (Ah, les paniers ;) ). Les bibliothécaires en arrondissement avaient donc été invitées à venir discuter des points à améliorer au central. J’étais impressionnée car je me retrouvais avec des vétérantes, responsables des bibliothèques jeunesse de la ville!

    Nous étions donc autour d’une grande table lorsque la personne qui dirigeait la réunion, afin de faire un exemple, demande un titre de livre à chercher dans le catalogue. Une de ces dames thécaires jeunesse lance : « Le passeur » de Lois Lowry. Je note donc discrètement le titre dans mon agenda et l’emprunte à mon retour en bibliothèque…

    Wow! C’est LE livre que j’ai le plus souvent recommandé cette année-là. Un coup de cœur véritable. Il est pour moi de ces livres dont l’atmosphère me revient parfois en mémoire comme un souvenir persistant. Me submerge. M’angoisse. La scène finale, cette descente avec l’enfant qui a froid tourne périodiquement en boucle dans ma tête. Cette totale dépendance. Cette totale rébellion envers l’inhumanité de l’homme…

    L’histoire? Dans un monde futur où l’homme a une pilule pour tous les bobos, il a aussi choisi de ne pas savoir.  Tout est bien organisé dans cette société. À 12 ans on se voit attribué une fonction. On ne s’aime pas, on vit en couple pour élever les enfants qu’on a reçu, car on ne les fait pas non plus. Et à un an, s’ils sont déclarés inaptes, ils sont « élargis ». Tout comme les personnes âgées arrivées à la fin de leur vie utile d’ailleurs. Mais ce qu’est l’élargissement, personne ne le sait…

    Jonas se voit confier la plus importante des fonctions : « dépositaire de la mémoire ». Une seule personne dans la communauté sait comment était le monde avant, quand l’homme aimait et voyait les couleurs. Une seule connait la vérité sur l’élargissement. Nous suivons donc cet enfant qui verra son monde se déconstruire à mesure qu’on déposera dans sa mémoire les faits et les choix qui ont mené l’homme à vivre tel qu’il le fait maintenant…

    Un livre magnifique que j’ai recommandé à des adultes comme à des ados, et suite auquel on revient presque systématiquement me demander « un autre…. ».