• Caca boudin, Au loup! et autres aventures de Simon le lapin

    Date: 2011.03.15 | Catégories: Album, Avant le dodo, La bibliothécaire aime, La maman aime, Pour rigoler, Vie de tous les jours | Tags: ,,

    Ici, le rituel d’avant dodo se passe dans le niveau inférieur du lit à deux étages de mes plus vieux. Après le brossage de dents, ils courent au salon se chercher chacun deux livres. Il y a des soirs où ça va vite, comme quand Arthur me demande La revanche des lapins ou Loup noir (ce sont des album sans texte), et d’autres où j’en ai pour pas mal plus longtemps (Le château d’Anne Hiversère). Ces temps-ci, ma petite Simone, 2 ans, fait une fixation sur Simon le lapin, le héros de Stéphanie Blake. Il est entré dans ma maison en même temps que De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, via le fameux Caca boudin.

    Caca boudin

    Simon, le lapin coquin ne sait dire qu’une chose « caca boudin ». Peu importe qui lui parle et ce qu’on lui demande, il répond invariablement « caca boudin ». Ainsi, le jour où le loup lui demande s’il peut le manger, le petit lapin lui répond son leitmotiv habituel et se retrouve dans le ventre de son ennemi! Et le loup, que répond-t-il à sa femme lorsqu’elle lui demande si ça va? Caca boudin! Heureusement, le papa du petit lapin est très courageux et va le sortir de là, redonnant vie et verbe à Simon… mais pas pour très longtemps car il se trouvera un autre mot préféré. Pour le connaître, il faudra aller emprunter le livre.

    Les couleurs vives et les forts contrastes des albums de Simon attirent les bambins. Tout comme Aboie George, cette série fait partie des premiers albums grand format sur papier souple que je présente aux enfants lorsqu’ils sont prêts à quitter les touts-cartons et les bébé-livres. Le fond des pages, l’arrière-plan, présente toujours un aplat de couleur vive:  jaune, bleu, vert, rouge, etc, sur lequel vient s’inscrire le texte en noir. Du côté des pages illustrées, on retrouve également cette palette de couleur, de même que dans les vêtements et les personnages eux-mêmes. Toujours cernés d’un épais traits noirs, les personnages de Stéphanie Blake se distinguent facilement de leur décor minimaliste, ce qu’apprécient les jeunes qui en sont à leurs premières armes dans des univers plus complexes que les simples imagiers.

    Au loup!

    Quel enfant n’a jamais crié au loup? Vous n’avez qu’à penser au moment avant d’aller dormir où fiston vous demande 5 fois pour aller faire pipi et vous conviendrez que les enfants apprennent très jeune à « crier au loup » (sonner une fausse alerte pour provoquer la réaction désirée chez l’interlocuteur). Ici, Simon apprendra à ses dépends ce qui se passe lorsque le vrai loup se pointe et que plus personne ne vous croient. Mais retiendra-t-il vraiment la leçon? Une finale rigolote car la morale, c’est bien, mais il faut quand même en rire un peu!

    Superlapin

    Dans cette aventure, Simon, alias Superlapin le superhéros, reçoit un coup d’épée (écharde) en plein doigt et sa maman a la délicate mission de retirer le vil instrument de torture de sa progéniture. La douleur est intense mais Superlapin n’a peur de rien, pas même de l’aiguille de maman! Un album sur le pouvoir de l’imaginaire des enfants qui, très tôt, les pousse à s’inventer des jeux de rôle tordants pour les parents (ici, on joue au pirate dans le lit de papa et maman, Arthur le requin nous attaque et même à 2 ans Simone prend son rôle très au sérieux).

    Bébé Cadum

    Dans Bébé Cadum, Simon n’apprécie pas la venu du nouveau petit membre de sa famille et demande même à maman quand il retournera à l’hôpital ce « Bébé-cadum »! Mais lorsque Simon sent la peur du loup monter en lui au milieu de la nuit et que ses parents lui refusent l’accès à leur lit, c’est vers son petit frère qu’il se tournera pour chercher du réconfort, sous le couvert de le protéger des méchants loups, évidement. Ce livre est génial pour préparer la venu d’un nouvel enfant car on y évoque les perturbations que ça entraîne dans la famille (et Simon qui fait la terrifiante menace de faire caca partout si le Bébé-cadum reste, ce que font effectivement parfois les aînés en recommençant à mouiller leur culotte à l’arrivé de bébé). Mais il se termine sur une note positive et on sent bien que Simon l’aimera beaucoup son petit Bébé cadum.

    Non, pas dodo!

    Bébé cadum a grandit et on apprend qu’il porte le joli nom de Gaspard. Ici, Simon et son frère se fabrique une méga-grande-giga-top-cabane dans le bois, mais c’est l’heure de rentrer et les frérots quittent la cabane en oubliant un élément essentiel: la doudou de Gaspard (ça sonne très certainement des cloches aux oreilles des mamans ;) ). À l’heure du dodo, lorsque la forêt devient noire et dangereuse, Bébé cadum réclame son bien sans quoi il refuse de dormir. Simon exige donc sa cape de Superlapin et décide d’aller la chercher tout seul compte tenu du danger. Mais il fait noir et les bruits de la forêt sont autant d’éléments pour allumer l’imagination fertile du petit héros masqué, qui rentre en courant à la maison… mais la doudou en main, heureusement.

    Bref, chez moi Simon et son petit Bébé cadum font presque quotidiennement parti du rituel d’avant dodo. Un autre avantage de cette série pour les petits, c’est que les histoires reprennent souvent des éléments de leur quotidien, de leur vie de tout les jours. Ils nous font rire mais permettent aussi à mes cocos de s’identifier aux situations que vivent les frères lapins: perte de la doudou, peur de quelque chose d’imaginaire, construction de cabane, petits bobos, arrivé d’un nouveau bébé, sans parler de l’emploi des fameux mots de toilette!

    Et regarder les titres des autres livres de cette série, vous saurez tout de suite qu’il y a là matière à identification pour nos tout-petits. Et il a une bouille sympathique en plus ce lapin! Bonne lecture à quatre, six ou huit yeux. Vous m’en donnerez des nouvelles.

    (à paraître)