• Hunger Games ou comment j’ai découvert que la science-fiction, j’aime ça!

    Date: 2011.02.11 | Catégories: Adolescent, Dystopie, La bibliothécaire aime, Roman | Tags: ,,,,


    Je l’avoue, j’adore la littérature pour ado. En fait, pendant mes trois congés de maternité, je n’ai pratiquement lu que ça. Et cette fois-ci, c’est dans la science-fiction que je suis tombée…

    J’ai toujours snobée ce genre littéraire. Et je pense que je ne suis pas la seule (voire l’article de Carole Tremblay dans Le Devoir, ce n’est pas de la science-fiction, c’est de la « dystopie »). J’imaginais qu’il comprenait uniquement des histoires sur des cyborgs peuplant mars. Encore aujourd’hui, je parle plus volontiers de roman d’anticipation que de science-fiction.

    Voici comment la vague m’a happée…

    Les fragmentés, Neal Shusterman

    Il y a d’abord eu Les fragmentés, de Neal Shusterman. Dans un futur pas si lointain, la guerre entre les pro-choix et les pro-vie s’est soldée par l’adoption d’une loi obligeant les femmes enceintes à garder leur enfant, mais permettant aux parents de les fragmentés. Fragmentation: récupérer médicalement chaque partie du corps pour une réutilisation future en le dépeçant littéralement  (je vous avoue que la scène de fragmentation décrite dans le livre me hante encore, car le tout se fait alors que le fragmenté est conscient… et ça se termine par ses yeux. À ce moment-là, ça frise l’horreur). Nous suivons donc trois adolescents qui fuient les « frags » (police chargée de récupérer les adolescents en fuite touchés d’un avis de fragmentation) et qui deviendront les pivots d’une rébellion. Excellent!

    Hunger Games, Suzanne Collins

    En octobre 2009, j’ai changé de bibliothèque et on m’a confié un nouveau mandat: un club de lecture ado. Je me lance donc comme défis d’aller les rencontrer dans leur école secondaire pour les attirer ensuite à la bibliothèque. Je me prépare, telle une représentante Tupperware, à faire mon « pitch de vente ». Par contre, je ne vends pas de petits pots en plastique. Mon produit, c’est les livres et je dois trouver ceux qui accrocheront les ados au premier coup d’œil car j’ai moins d’une heure par classe… Je cherche donc les livres dont les couvertures sont les plus accrocheuses et tombe par hasard sur cette nouveauté en bibliothèque: Hunger Games.  Je partais le lendemain pour trois jours de visite à l’école secondaire et n’avais visiblement pas le temps de le lire en une nuit (j’avais déjà deux de mes trois enfants à l’époque). Tant pis, je l’ai pris avec moi… et me suis transformée en adolescente. Entre chaque visite de classe, alors que les jeunes avaient 10 minutes  pour se déplacer vers leur prochain local de cours, je m’accroupissais dans le corridor et me plongeais dans mon livre (je me suis d’ailleurs fait regarder croche par quelques profs qui ne me connaissaient pas car je pense qu’il était interdit de s’asseoir par terre). Je mangeais mon dîner le nez dans mon livre… À chaque classe que je visitais pour leur parler de mon club de lecture, de comment ça allait fonctionner, du type de livre qu’on y lirait, je racontais mon livre, où j’étais rendu et comment je ne pouvais m’empêcher de le lire. Et me voyant aussi accrochée, je pense que ça a donné le goût aux jeunes d’embarquer avec moi.

    L’histoire? Toujours dans un futur pas si lointain, suite à une guerre interne entre les douze districts d’un pays (que j’ai tout naturellement associé aux États-Unis) et sa capitale (Panem), les Hunger Games furent instaurés. Afin que le peuple n’oublie jamais que c’est Panem qui règne, chaque district doit envoyer annuellement un garçon et une fille âgé entre douze et dix-sept ans dans l’arène. Le choix se fait par tirage, mais quelqu’un peut également se porter volontaire. Et que ce passe-t-il une fois dans l’arène? Un carnage. Car un seul jeune en sortira et apportera ainsi l’abondance à son district pendant un an ( car bien sûr, la capitale affame le peuple). Ils doivent s’entretuer au vu de tous car la télé-réalité y atteint son paroxysme, la capitale obligeant les habitants à regarder les leurs mourir. La jeune Prim, douze ans, est pigée, mais sa sœur Katniss ne l’entend pas ainsi, elle se porte volontaire. Depuis la mort de leur père au fond de la mine, c’est elle qui subvient aux besoins de la famille en chassant illégalement et il n’est pas question qu’elle faille à sa mission en laissant sa jeune sœur monter dans l’arène. Et le garçon de son district, qu’elle connait à peine mais qu’elle devra tuer si elle veut revenir, c’est Peeta, le fils du boulanger. Elle a une dette envers lui mais doit revenir pour faire vivre sa famille, qui ni arrivera pas sans elle… Et il y en aura 22 autres à tuer, du même âge qu’elle. On la suit donc dans l’arène où la cruauté des attaques et des pièges inventés par le directeur des jeux pour le divertissement de la capitale est impensable, animale.

    J’ai tellement aimé que j’ai été incapable d’attendre la traduction française des deux tomes suivants (Catching Fire, ou Embrasement en français, et Mockingjay, pas encore traduit), que j’ai lu d’une traite en anglais, m’accordant le plaisir (ô combien cruel le lendemain alors que les enfants se lèvent trop tôt) de quelques veillées de lecture se poursuivant très tard dans la nuit.

    La déclaration, Gemma Malley

    Par la suite, j’ai découvert la trilogie de Gemma Malley grâce aux judicieux conseils de la bibliothécaire jeunesse de la bibliothèque Plateau Mont-Royal. Brièvement, nous sommes dans un monde où la jeunesse éternelle existe. Pour avoir droit à son cocktail de pilules, il faut signer la déclaration, soit une promesse de non-reproduction. Pas d’enfant, sans quoi les richesses naturelles vont s’épuiser trop vite! Je n’ai pas lu le dernier tome qui est sorti à noël et n’est pas encore disponible en bibliothèque, mais je pense que je vais céder à mon envie et aller me l’acheter!

    Et vous, des titres à me suggérer?